• Elles vivent dans un monde d'hommes. Reines, favorites ou paysannes, peu importe leur statut : les femmes de la Renaissance connaissent la tutelle d'un père ou d'un mari, la pression d'enfanter, les difficultés du veuvage...

    Les femmes du siècle des humanistes sont facilement exposées aux dangers et à la vindicte. La réalité de la Renaissance, période d'ouverture au monde et de diffusion des savoirs, coexiste avec la violence des guerres de Religion qui embrasent le royaume de France. Toutes les femmes éprouvent cette brutalité, quand elles n'y participent pas elles-mêmes. Elles peuvent être accusées de tout : adultère, égoïsme, manque de discernement, cupidité, sorcellerie, intrigues et manipulations. En lutte pour leur liberté, elles défendent leur statut et leur patrimoine comme leur réputation. Plus encore, elles se battent pour vivre leurs passions, leurs amours, pour faire respecter leurs droits d'épouses et de mères, pour faire reconnaître leurs talents de femmes de lettres, de patronne de librairie-imprimerie, d'architecte ou de sage femme.

    Sylvie Le Clech, spécialiste du XVIe siècle français, explore le destin de quinze femmes, pour certaines jamais étudiées, issues de toutes les couches de la société. Avec les portraits de Marguerite de Navarre, Catherine de Médicis, Vannina d'Ornano ou Jacquette Saddon, sorcière du Berry, elle nous éclaire sur la vie précieuse, mouvementée et intime des femmes de la Renaissance.

  • Soeur de roi (François Ier), femme de roi (Henri II de Navarre) et grand-mère de roi (Henri IV), Marguerite d'Angoulême a trop souvent été reléguée au second plan, et sa vie étudiée à travers celle des hommes qui l'ont entourée. C'est oublier bien vite qu'elle a aussi, et surtout, été une grande mécène d'artisans du livre, tels François Rabelais, et elle-même une autrice prolifique sous le nom de Marguerite de Navarre. Fervente catholique mais aussi humaniste éclairée, elle a également cherché toute sa vie à « renouveler l'Église » en protégeant les réformateurs protestants, dont Jean Calvin.
    Née Marguerite de Valois-Angoulême en 1492, puis devenue reine consort de Navarre par son second mariage en 1527, Marguerite contribua fortement à faire de la cour de son frère François Ier un lieu où intellectuels et artistes de premier plan se pressaient. Son influence politique déclinant progressivement après l'affaire des placards en 1534, elle décida de s'éloigner de la cour et de se consacrer à l'écriture. Auteur de poésie, de théâtre et de contes, elle laisse une oeuvre abondante, dont son recueil de nouvelles inachevé : L'Heptaméron. Si ces écrits peuvent nous sembler datés aujourd'hui, ils n'en demeurent pas moins révolutionnaires pour l'époque, éminemment modernes, et même teintés de féminisme - ils ont inspiré de nombreuses femmes de tête comme la célèbre Anne Boleyn.
    Dans cette biographie passionnante et étayée par de nombreuses sources inédites, Patricia Lojkine réhabilite une figure oubliée et pourtant, à l'image d'une Madame de Lafayette, incontournable de l'histoire intellectuelle et politique de la Renaissance.

  • Fin août 1572. À Paris, des notaires dressent des inventaires après décès, enregistrent des actes, règlent des héritages. Avec minutie, ils transcrivent l'ordinaire des vies au milieu d'une colossale hécatombe. Mais ils livrent aussi des noms, des adresses, des liens.
    Puisant dans ces archives notariales, Jérémie Foa tisse une micro-histoire de la Saint-Barthélemy soucieuse de nommer les anonymes, les obscurs jetés au fleuve ou mêlés à la fosse, à jamais engloutis. Pour élucider des crimes dont on ignorait jusqu'à l'existence, il abandonne les palais pour les pavés, exhumant les indices d'un massacre de proximité, commis par des voisins sur leurs voisins. Car à descendre dans la rue, on croise ceux qui ont du sang sur les mains, on observe le savoir-faire de la poignée d'hommes responsables de la plupart des meurtres. Sans avoir été prémédité, le massacre était préparé de longue date - les assassins n'ont pas surgi tout armés dans la folie d'un soir d'été.
    Au fil de vingt-cinq enquêtes haletantes, l'historien retrouve les victimes et les tueurs, simples passants ou ardents massacreurs, dans leur humaine trivialité : épingliers, menuisiers, rôtisseurs de la Vallée de Misère, tanneurs d'Aubusson et taverniers de Maubert, vies minuscules emportées par l'événement.

  • « Les murs du Palazzo pubblico de Sienne s'embrument d'une menace, qui pèse sur le régime communal [...]. Or cette sourde subversion de l'esprit public, qui ronge nos certitudes, comment la nommer ? Lorsque manquent les mots de la riposte, on est proprement désarmé : le danger devient imminent. Lorenzetti peint aussi cela : la paralysie devant l'ennemi innommable, le péril inqualifiable, l'adversaire dont on connaît le visage sans pouvoir en dire le nom ».

    P. B.

  • L'univers est gouverné par une loi générale de la putréfaction. Dieu, les anges et toutes les créatures naissent du chaos, comme les vers apparaissent à la surface du fromage. Nous sommes des dieux, et tout est Dieu : le ciel, la terre, l'air, la mer, les abîmes et l'enfer...
    Tel est le credo qu'un certain Menocchio, meunier du Frioul dans l'Italie du XVIe siècle, eut à défendre devant le Saint-Office avant de périr sur le bûcher. Lecteur infatigable, exégète à ses heures, hérétique malgré lui, il s'était constitué une bibliothèque au hasard des rencontres, hors de toute discipline culturelle, prélevant librement dans les textes, élaborant sa propre vision du monde.
    Avec cette étude magistrale, devenue un classique de l'historiographie, Carlo Ginzburg inventait la micro-histoire et renouvelait la connaissance d'un monde resté longtemps mystérieux, celui de la culture populaire.

  • Rarement autant que Philippe II d'Espagne (1527-1598) un souverain de l'époque moderne n'a souffert d'une image si durablement négative. Les réalisations effectives de son règne en ont parfois été négligées, tout comme l'environnement culturel, politique ou religieux dont il était le produit et qui s'imposait à lui.
    L'héritage que lui lègue son père, Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, est un cadeau empoisonné : s'il ne parvient pas à recueillir la dignité impériale, il se trouve malgré tout placé à la tête d'une gigantesque « monarchie composée ». Celle-ci fait de lui le souverain d'entités politiques disposant chacune de droits particuliers, territoires souvent sans continuité géographique les uns avec les autres. La configuration d'un tel ensemble rend délicats son gouvernement et sa conservation. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un empire dispose d'une dimension véritablement mondiale. Il n'était pas forcément écrit que la présence de l'Espagne en Amérique ou en Asie serait pérenne. Autre évolution géopolitique majeure, l'expansion ottomane qui menace l'Europe chrétienne. Philippe II est également confronté au plus grand schisme de l'Eglise chrétienne d'Occident, la réforme protestante. La seconde moitié du règne est enfin marquée par l'émergence d'une nouvelle puissance maritime agressive, l'Angleterre. Il faut ajouter à cela ce que Geoffrey Parker appelle la « révolution militaire », qui débute au XVIe siècle. Faire la guerre devient beaucoup plus onéreux, du fait de nombreuses évolutions techniques. Plus que jamais, il est nécessaire pour un souverain de maîtriser des mécanismes financiers complexes s'il veut asseoir sa suprématie.
    Le présent ouvrage suit Philippe II confronté à ces formidables défis, en tentant de nuancer certains des lieux communs attachés à sa personne. Si on lui prête d'avoir laissé guider sa politique par un fanatisme religieux, les décisions implacables qu'il prend sont davantage inspirées par une « raison d'Etat » à laquelle il se voue sans limites. En dépit d'une foi intense qui a pu lui valoir à juste titre le qualificatif de « roi prêtre », il instrumentalise bien souvent cette religion pour la mettre au service des intérêts de sa dynastie. La « monarchie catholique » est un empire expansionniste qui ne dit pas son nom. Présenter Philippe II comme un souverain « absolutiste » serait également anachronique. En revanche, il se dégage de cette biographie novatrice la figure d'un personnage animé d'une forme de misanthropie, de mépris pour ses semblables, qui, s'accusant avec les années, est responsable en bonne partie des grands échecs de la dernière décennie du règne, en particulier la défaite de "l'invincible armada".

    Sur commande
  • Banquiers, maîtres de Florence, papes, humanistes et mécènes, les Médicis ont incarné la Renaissance italienne. Du XIVe au XVIIIe siècle, ils ont été des acteurs majeurs de l'échiquier politique européen. De Cosme l'Ancien à Laurent le Magnifique et Cosme Ier, premier grand-duc de Toscane, l'ascension des Médicis a été exceptionnelle : ils ont marié leurs filles à des rois, ont prêté de l'argent aux monarques, sont devenus papes et ont été au coeur des grands courants sociaux, culturels et politiques de leur temps. Rois sans couronne, ils ont été les maîtres de la République de Florence.
    Encourageant et subventionnant les génies naissants, la Renaissance toscane a rayonné grâce à eux du plus magnifique éclat. De la Florence de Dante à la veille de la Révolution française, Marcel Brion fait revivre les passionnants destins de cette captivante lignée.

  • Henri IV et la providence

    Simone Bertière

    • Fallois
    • 30 Septembre 2020

    Rien ne prédestinait Henri de Navarre à devenir Henri IV roi de France. Et pourtant...
    Le mardi 22 mars 1594, à l'aube, Henri IV pénétra enfin dans Paris l'insoumise. Entrant au Louvre, il dit à son guide?: «Monsieur le Chancelier, dois-je croire que je sois là où je suis? - Sire, je crois que vous n'en doutez point. - Je ne sais, dit le roi, car tant plus j'y pense, et plus je m'en étonne. Car je trouve qu'il n'y a rien de l'homme en tout ceci: c'est une oeuvre de Dieu extraordinaire, voire des plus grandes.» Le trône de France était bien pourvu en héritiers et l'adhésion de Henri de Navarre à la Réforme le disqualifiait. Il lui fallut pour y parvenir trente ans et une hécatombe. Son itinéraire est jonché de morts, par la guerre ou la maladie. Il en émerge les mains pures, sans une égratignure. Une chance? Mais pour les chrétiens d'alors, tout ce qui advient est dû à la Providence, dont ils sont les agents obligés. Henri, d'une intelligence hors pair, se crut voué par elle à une mission?: rétablir la concorde dans un pays déchiré par les guerres de religion.
    S'est-il contenté des cadeaux que lui valait l'élection divine ou a-t-il contribué au succès?? Un récit fidèle à l'histoire - mais aussi palpitant qu'un roman - retrace au fil du temps son parcours tumultueux. Toute une époque revit, dans sa singularité. Quant au héros, il sort de l'aventure rebelle aux normes, mais pleinement homme et chargé de secrets.
    Dans ce livre, qui complète une série de biographies où voisinent Le Cardinal de Retz, Mazarin et Marie-Antoinette, Simone Bertière déploie à nouveau son talent de conteuse, rendant clair ce qui est compliqué, redonnant vie aux personnages, restituant le climat des temps anciens. Bref, faisant du lecteur un complice pour un plaisir partagé.

    Sur commande
  • Dans les mémoires des sociétés contemporaines, la Renaissance est restée comme un temps de bonheur marqué par le retour à l'idéal antique, un âge d'or, symbole du passage à la Modernité. Pourtant, les continuités avec la période médiévale sont souvent plus fortes que les ruptures ; et il est bien difficile de réduire l'Europe de la Renaissance à un seul courant intellectuel, artistique, religieux, pas plus que l'on ne peut l'enfermer dans un schéma homogène d'évolution politique, économique ou sociale.
    D'Érasme à Charles Quint, de Léonard de Vinci à Luther, de la découverte de l'Amérique aux guerres d'Italie, Alain Tallon retrace l'histoire des XV et XVI siècles européens. En écartant nos idéalisations, il en restitue la réalité multiple.

    Sur commande
  • Au XVIe siècle, de profondes transformations vont bouleverser le christianisme occidental : avec les Réformes protestantes, un monde religieux unifié sous la houlette de la papauté laisse place à une chrétienté éclatée, bientôt meurtrie par les guerres de Religion. Au monde médiéval succède la modernité.
    C'est cette histoire que retrace Pierre-Olivier Léchot plus de cinq cents ans après l'affichage (supposé), le 31 octobre 1517, des 95 thèses de Luther. En présentant les conditions d'émergence des Réformes protestantes et leurs destins à travers l'Europe, en insistant sur leur diversité et en s'arrêtant sur les grandes figures du mouvement réformateur (Luther, Zwingli, Calvin), il ne raconte rien de moins que des changements culturels et intellectuels qui ont durablement modifié le visage de l'Occident.

    Sur commande
  • Le 18 août 1572, Paris célèbre avec faste le mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Navarre, événement qui doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard, les chefs huguenots sont exécutés sur ordre du Conseil royal. Puis des bandes catholiques massacrent par milliers «ceux de la religion» - hommes, femmes, vieillards, nourrissons...
    Comment est-on passé de la concorde retrouvée à une telle explosion de violence? Comment une «exécution préventive» de quelques capitaines a-t-elle pu dégénérer en carnage généralisé? Quel rôle ont joué le roi, la reine mère, les Guises, le très catholique roi d'Espagne? De ces vieilles énigmes, Arlette Jouanna propose une nouvelle lecture.
    La Saint-Barthélemy n'est l'oeuvre ni des supposées machinations de Catherine de Médicis, ni d'un complot espagnol et encore moins d'une volonté royale d'éradiquer la religion réformée. Charles IX, estimant sa souveraineté en péril, répond à une situation d'exception par une justice d'exception. Mais en se résignant à ce remède extrême, il installe, sans en faire la théorie, une logique de raison d'État.
    Cette tragédie, vécue comme une rupture inouïe, suscite une réflexion foisonnante sur les fondements du pouvoir, les limites de l'autorité, la légitimité de la désobéissance ; sur le danger aussi que font courir les divisions religieuses aux traditions du royaume. Mais cet effort de restauration politique va se heurter à la sur-sacralisation du roi, qui ouvre la voie à l'absolutisme des Bourbons.

  • Cet ouvrage est le fruit d'une enquête dans l'infinité variété des sources de la Renaissance. Celle-ci a débuté sur un point de détail : les étonnantes variations du nombre des éditions imprimées des Bacchantes d'Euripide au fil des années. Elle a mené Jean-Christophe Saladin sous l'oeil vigilant de Pierre Vidal-Naquet, à la découverte de la « bataille du grec » à la Renaissance, largement ignorée par les historiens. Elle s'est poursuivie à travers les travaux de la collection « Le Miroir des humanistes » aux Belles Lettres dont le présent ouvrage est le vingtième volume. Derrière la bataille du grec se profile une lutte féroce autour de la philologie, des textes sacrés, donc de l'emprise de l'Église sur les langues, la culture et la vie sociale.
    Cette question n'a bien sûr échappé à aucun historien sérieux, mais ils l'ont généralement restreinte au seul domaine des « humanités ». C'est pourtant le point de vue de Michelet, qui raconte la Renaissance comme reconquête de la liberté politique, dans la perspective longue de l'histoire de l'Europe.
    De ce point de vue, la Renaissance a eu un sens, exprimé par ses acteurs eux-mêmes.
    Chaque étape de cette enquête a vu se vérifier l'intuition initiale de ce livre : la Renaissance fut un épisode central de la guerre qui oppose depuis près de deux millénaires l'Église chrétienne à la culture païenne antique.
    Cette lutte, à l'issue longtemps incertaine, fut l'un des fondements de la construction symbolique de l'Occident médiéval et moderne. La vie culturelle et religieuse des sociétés européennes en a été lourdement grevée jusqu'à nos jours. Il suffit pour s'en convaincre d'observer combien le débat sur les « racines culturelles » de l'Europe provoque de passions.

    Sur commande
  • Cuba, une bourgade de l'Alentejo portugais, au bout de l'Europe.
    Ici, une le´gende circule, selon laquelle Christophe Colomb serait ne´ en cette terre bru^le´e par le soleil.
    Max, frai^chement retraite´ de l'enseignement, de´cide de s'y e´tablir, le temps de mener l'enque^te a` sa manie`re, iconoclaste.
    Il est convaincu que, si la ve´rite´ existe, elle se trouvera a` hauteur d'hommes, dans les tavernes, entre vins, chansons et fresques des e´glises locales.
    Mais voila` que Max, a` partir d'un de´fi sous forme de plaisanterie, se prend au jeu. Il revisite les archives sous un angle ine´dit. Il tente de capter l'a^me fraternelle de la re´gion de Cuba, dont il arpente chaque village. Ainsi, de fil en aiguille, gra^ce a` l'ancien professeur, surgit une tout autre histoire que celle de´bite´e, sans recul critique, dans les manuels scolaires.
    Depuis des sie`cles nous aurait-on menti sur la ve´ritable nature et l'origine de Christophe Colomb ?

  • 1520

    Guillaume Frantzwa

    • Perrin
    • 19 Mars 2020

    La plupart des dates clés sont le témoin d'événements fondateurs : 476 marque la fin de l'empire romain d'Occident, 1453 la chute de Constantinople. Dans ce paysage, 1520 est l'exception qui confirme la règle. Année en suspens, elle se caractérise non par un événement majeur mais par une multiplication de faits qui font basculer le Moyen Âge dans la modernité.
    En 1520, les rivalités européennes s'exacerbent. Deux jeunes souverains, Charles Quint et François Ier, rêvent d'empire universel. L'Europe se fragmente, dans la magnificence du camp du Drap d'Or, alors qu'un ennemi pressant se réveille à l'Est, avec l'avènement de Soliman le Magnifique. À ces tensions s'ajoute une dynamique d'expansion : suivant l'Espagne, la France et l'Angleterre se lancent dans la conquête de nouveaux territoires tandis que le Portugal étend sa domination du Brésil à la Chine.
    1520 est aussi l'année des grandes découvertes, avec Magellan, et d'une profonde mutation de la connaissance du monde. Celle-ci encourage la critique d'une société en proie au doute et aux rêves d'âge d'or, au milieu de laquelle Luther apparaît comme une force de dissolution du monde chrétien.
    Guillaume Frantzwa brosse avec talent les soubresauts de cette époque qui préfigure l'émergence d'un nouvel ordre mondial : celui de l'Europe moderne.

    Archiviste paléographe et docteur en histoire de l'art à l'université Paris-I, Guillaume Frantzwa est conservateur du patrimoine au Centre des Archives diplomatiques.

    Sur commande
  • Le temps des guerres de Religion fut un moment de profond bouleversement : les institutions les plus anciennes vacillaient, les royaumes se disloquaient, l'Église explosait. Dans cet univers chaotique, les apparences trompeuses, les mensonges et les ruses furent souvent nécessaires à la survie. Pour mieux le comprendre, Nicolas Le Roux offre une analyse des tensions qui marquèrent la noblesse française dans le second XVIe siècle. Il examine ainsi, à travers les portraits d'hommes et de femmes de pouvoir - Guy de Lanssac, les Guise, Mme de Montpensier, le duc de Mercoeur et d'autres -, les différentes formes de contestation de la légitimité d'Henri III. L'auteur retrace les étapes de la construction de ces principales forces d'opposition, qu'il s'agisse de la nébuleuse constituée autour du duc d'Anjou ou des associations catholiques radicalement opposées à l'idée qu'un hérétique puisse prétendre à la couronne. À l'issue de ce parcours, c'est bien le fascinant portrait kaléidoscopique d'un royaume en mutation que brosse Nicolas Le Roux, à travers une galerie de personnages captivants et souvent surprenants.

    Sur commande
  • Au XVIIe siècle, de nombreux Européens se convertirent à l'islam et rejoignirent les rang de la piraterie. Attirés par le gain ou pratiquant une forme de résistance sociale, c'était surtout un moyen de se démarquer d'une Europe livrée à une chrétienté inquisitoriale et tyrannique qui avait fait de cette religion son ennemi 'naturel'. Naquirent alors ici et là des 'républiques pirates', dont la plus connue est la République de Salé au Maroc qu'étudie ici Peter Lamborn Wilson avec autant d'érudition que de fantaisie. Ces îlots de liberté associés à la piraterie lui serviront d'ailleurs de modèle dans la formation du concept de TAZ, dont il est l'auteur sous le pseudonyme de Hakim Bey, et qui flotte sur les nouvelles générations comme le drapeau de Jolly Roger sur les mers du globe.

  • Considéré comme le « Découvreur du Canada », Jacques Cartier est le premier à avoir reconnu, décrit et cartographié les côtes de Terre Neuve, du Pays des Esquimaux et de Canada, du golfe et du fleuve Saint-Laurent qu?il a remonté jusqu?en amont de l?île de Montréal.
    L'époque de la conquête des mers et des grandes découvertes commence à la fin du XVe siècle avec la construction de nouveaux navires, les caravelles, et l?utilisation de nouveaux outils d?orientation, la boussole, l?astrolabe et les cartes maritimes.  En 1534, la France a du retard dans l?exploration des Amériques. Pourtant, elle dispose de façades maritimes importantes et de très bons marins. Largement devancé par l?Espagne et le Portugal, François Ier veut affirmer ses droits. il rencontre un navigateur expérimenté, le Malouin Jacques Cartier, à qui il confie une expédition digne du royaume de France : trouver un passage plus direct par le nord de l'Amérique pour atteindre les Indes et la Chine et conquérir de nouveaux territoires.
    L?audacieux Jacques Cartier effectue en définitive trois voyages vers l?Amérique du Nord : le premier est une expédition de reconnaissance, le second la recherche du fameux passage et de richesses qui aboutit à un hivernage catastrophique et la mort de nombreux marins, le troisième une tentative de colonisation placée sous l?autorité d?un proche du roi qui se solde par un échec non imputable au capitaine malouin.
    De richesses, le Malouin ne rapporte que de la pyrite de fer et du quartz en guise d?or et de diamant, ce qui donne naissance à l?expression : « Faux comme diamants de Canada ».
    Déçu, mais malgré tout reconnu comme un notable, Jacques Cartier se retire dans son manoir de Limoïlou à Rothéneuf où il décède en 1557 à l?âge de soixante-cinq ans

    Sur commande
  • En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300), représenté sur le globe de Behaim (1492).
    Aussitôt les Portugais y introduisent les armes à feu et nouent de fructueux liens commerciaux. En 1549, François Xavier et quelques jésuites débarquent à leur tour et fondent la mission chrétienne du Japon, pays dont ils seront deux ans durant les premiers explorateurs.
    Un riche cahier cartographique retrace l'historique de la représentation de l'archipel, d'abord sous la forme de la mythique Cipango, de 1459 à 1571, puis du Japon nouvellement découvert, de sa première apparition en 1550 jusqu'à sa forme presque définitive au début du xviie siècle, en passant par ses multiples avatars.
    Le livre rassemble ensuite les évocations de Cipango dans les sources historiques occidentales depuis 1300, puis du Japon dans les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552.
    Ces textes, écrits par des navigateurs, des aventuriers ou des jésuites témoignent de la fascination des Européens - non sans incompréhension - devant cette nouvelle civilisation, qu'ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu'ils ont découvertes jusqu'alors.
    En miroir, un texte japonais, jamais traduit en français, raconte l'arrivée de ces hommes blancs, avec de longs nez et aux manières rustres, qu'ils appellent péjorativement les nanban-jin, les «barbares du Sud».

  • Cette fascinante saga raconte pour la première fois la fabuleuse histoire de ces Juifs expulsés d'Espagne et du Portugal qui, au XVIe siècle, parvinrent à s'embarquer avec les grands explorateurs pour gagner clandestinement le Nouveau Monde et y devenir ...
    Pirates !
    À bord de leurs navires, ces aventuriers, qui continuent de pratiquer leur judaïsme en secret, sèment la terreur parmi les galions espagnols. Continuellement persécutés, ils trouvent finalement refuge en Jamaïque, «l'île aux hérétiques », où Christophe Colomb et sa famille offrent asile aux Juifs poursuivis par l'Inquisition...
    Entre chasses au trésor, conquête des Amériques et récits d'espionnage, on découvrira dans ces pages une foule de personnages hauts en couleur.

  • C'est un des rois les moins aimés de l'Ancien Régime, et l'un des plus méconnus, que le poignard de Jacques Clément fait mourir. Ayant fui sa capitale en insurrection, au milieu de ces guerres de Religion qui n'en finissent pas, Henri III succombe à l'attentat du moine régicide. Avec lui s'éteint la dynastie des Valois : un chapitre se referme, une autre histoire de la monarchie commence, inaugurée par l'accession au trône d'Henri de Bourbon.
    De ce règne presque oublié, Nicolas Le Roux restitue les desseins secrets et les drames sanglants. Il décrit un monarque hanté par l'ambition de pacifier le royaume, de réconcilier ses sujets et de régénérer l'autorité royale par la piété, la justice et la douceur. Il analyse les violentes résistances que les catholiques zélés opposent à ce rêve d'harmonie, jusqu'à faire la guerre à leur propre souverain. Faisant parler les voix et les passions de ces années terribles, l'auteur propose une lecture renouvelée de l'extrémisme ligueur, de ses pulsions meurtrières et de ses fantasmes tyrannicides.
    L'événement inouï qu'a été ce régicide en recèle un autre moins immédiatement visible : non seulement il prépare la fin des guerres civiles, mais il contribue à modifier en profondeur l'économie des représentations de la légitimité politique. Henri III se voyait en détenteur d'un ministère sacré, mais dont la personne restait inséparable du corps de ses sujets. Avec son successeur, la figure du prince tend à se détacher de la communauté des humains et acquiert, par l'investiture divine, une dimension d'absolu.

    Sur commande
  • Le présent ouvrage - vingt-sept contributions produites par vingt-deux auteurs - présentent les visions croisées d'historiens et d'experts du renseignement, qui révèlent les principales opérations et pratiques clandestines de la Renaissance à la Révolution, qu'il s'agisse d'espionnage, de cryptographie, de diplomatie secrète, de renseignement militaire ou d'actions d'influence.

    Ce sont donc quelques-uns des exemples les plus emblématiques des activités clandestines de l'époque que propose ce livre. Il met en lumière le fait que, du XVIe au XVIIIe siècles, l'Histoire fut le théâtre d'une intense guerre secrète dans laquelle s'observent déjà toutes les pratiques de l'espionnage moderne.

    Sur commande
  • S'intéresser aux documents produits par Louis XI et son entourage - secrétaires, conseillers, chambellans, familiers - fait apparaître la pratique de gouvernement dans toute sa complexité. Quels sont les grands desseins du roi ? Ses ambitions dans les domaines de l'économie, ou la réforme de l'armée ? Réussit-il à atteindre ses objectifs ? Comment fait-il face à la contrainte, à la menace, voire au péril ? Autant de questions auxquelles le présent ouvrage esquisse des réponses. Se dessine un roi pragmatique, qui fait son affaire des circonstances et des aléas du quotidien, navigue à vue aussi parfois, tout en s'efforçant de transposer en actes ses grands desseins.
    La circulation de l'information constitue déjà un enjeu majeur au temps de Louis XI qui, par méfiance autant que par calcul, se préoccupe du contrôle de l'information, pratiquant au besoin la désinformation.

    Sur commande
  • L'énigme Bayard : une figure européenne de l'humanisme guerrier Nouv.

    Sans peur et sans reproche, Bayard incarne à la perfection les derniers feux de la chevalerie. Il est l'homme qui défend, seul face à une armée entière, le pont du Garigliano ; celui qui adoube François Ier au soir de Marignan ; celui qui, blessé à mort, trouve encore la force de tancer le connétable de Bourbon. Vraies ou fausses, ces anecdotes, relayées par les panégyristes de Bayard, sont entrées dans la légende. Depuis sa disparition et jusqu'à nos jours, le "bon chevalier" demeure un exemple que l'on cite aussi bien en France qu'en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne.

    Véritable figure européenne de l'humanisme guerrier, Bayard est peut-être le "dernier paladin" : abattu par un arquebusier, il n'a été protégé ni par sa vertu ni par son armure de plates. Il est en ce sens un flamboyant vaincu de la Modernité. Mais derrière cette armure, il y a un homme plein d'esprit, d'humour et de grâce, qui sait charmer autant le dernier des soudards que le roi en personne. Sous le heaume du héros, se trouvent aussi une personnalité fort mal connue et une vie remplie de zones d'ombre. L'énigme que constitue Bayard a suscité l'enthousiasme d'une vingtaine des meilleurs spécialistes des époques médiévale et moderne. Explorant des pistes variées, concernant l'histoire, l'art, la littérature et même la musique, ils proposent une nouvelle vision du plus célèbre chevalier des guerres d'Italie.

    Sur commande
  • Les Tudors

    Bernard Cottret

    • Perrin
    • 21 Mars 2019

    1485-1603. En l'espace de quatre générations, l'Angleterre passe du Moyen Âge flamboyant aux fastes de l'époque baroque, de la guerre des Deux-Roses à la construction d'un État. Dans cette saga familiale, on n'est jamais très loin du conte. Il était une fois Henri VII, le père fondateur, son fils Henri VIII, le Barbe bleue aux prises avec François Ier et Charles Quint, le petit Édouard VI, la sulfureuse reine Marie, l'acariâtre Élisabeth, toujours vierge. Tous, dans leurs différences mêmes, ont illustré leur siècle, cet âge d'or de la culture anglaise qui nous éblouit encore. Les Tudors ont affiché à la face du monde leur réussite et leur richesse, à peine entachées par quelques têtes coupées, des reines exécutées, des catholiques étripés, une sauvage répression - toutes choses que l'on pardonne volontiers aux souverains que l'on aime. Dominé par l'antique déesse Fortuna, en proie aux bouleversements, le siècle des Tudors fut par excellence le temps du changement. C'est aussi à cette époque que l'Angleterre s'engagea résolument dans une aventure de conquête qui s'étendit à tout l'espace atlantique. Aujourd'hui comme jadis, les Tudors hantent notre imaginaire.

    Sur commande
empty