• Ce pamphlet fut publié anonymement entre 1515 et 1517 pour défendre l'humaniste Jean Reuchlin, accusé par l'Inquisition de Cologne de défendre les Juifs.
    Son auteur, le chevalier allemand Ulrich von Hutten, ami d'Érasme et satiriste redouté, imagina perfidement que les hommes obscurs (moines, théologiens et autres punaises de sacristies) envoyaient ces lettres grotesques aux théologiens de Cologne. Leurs auteurs supposés s'y ridiculisaient eux-mêmes par l'étalage de leur vulgarité et de leur stupidité crasse.

    Ces 118 lettres sont autant de tableaux de la vie quotidienne en Allemagne et en Italie à la veille de la Réforme. On y lit dans un savoureux latin de cuisine les aventures des moines paillards et des étudiants paresseux, mais aussi de l'éléphant du pape et des belles prostituées romaines.


    Édition bilingue Les lettres sont traduites et présentées par Jean-Christophe Saladin, qui a publié précédemment chez le même éditeur La Bataille du grec à la Renaissance et Les Funérailles de la Muse.

    Il vaut la peine de se rendre compte combien les Lettres des hommes obscurs plaisent à tous, aussi bien par le côté humoristique aux gens instruits, que par le côté sérieux aux ignorants. Parce que ceux-ci s'imaginent que, quand nous rions, c'est le style seul qui est l'objet du rire, dont ils disent qu'il est compensé par le poids des idées.

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  • Le De guaiaci medicina et morbo Gallico (La Vérole et le remède du gaïac) est un témoignage rédigé à la première personne. Suite à une cure de gaïac, un bois exotique nouvellement importé en Europe, Ulrich von Hutten (1488-1523) se croit guéri et témoigne de son expérience.
    Humaniste à la personnalité hors-norme et fervent défenseur des langues anciennes, ennemi déclaré et acharné de la curie romaine, un des premiers chantres du sentiment national allemand, Hutten est un homme exalté, enclin à la colère et à la critique, prompt à faire lui-même le coup de poing, qui s'est brouillé successivement avec la plupart de ses amis. Sa courte vie a été marquée par d'incessants voyages et une implication dans les événements marquants de son temps ; mais elle fut aussi placée sous le signe de la maladie et de la souffrance. Le De Guaiaci medicina apparaît comme l'oeuvre d'un homme revenu de chez les morts et qui souhaite partager avec les autres le salut miraculeux dont il a bénéficié. C'est à la fois un ouvrage médical, un ouvrage moral et le récit d'une résurrection. Hutten décrit sa maladie et les traitements qu'il a subis, explique comment se soigner soi-même et quel mode de vie adopter pour obtenir la guérison et perpétrer la santé recouvrée, tout en critiquant l'incompétence des médecins et le goût de ses contemporains pour le luxe et les excès de table et de boisson. Ce petit traité occupe une place particulière dans l'oeuvre de l'auteur : c'est l'un de ses rares écrits qui ne soit pas une oeuvre polémique, satirique ou pamphlétaire, et qui, donc, n'est pas caractérisée par l'outrance verbale, le besoin de convaincre à tout prix ou de mettre l'adversaire hors de combat ; c'est, aussi, une oeuvre autobiographique profondément émouvante dans laquelle Hutten, tout en se livrant à une véritable autoscopie, fait part de son expérience dans le but d'aider d'autres malades.

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  • Les polémiques dont Érasme a été l'objet remplissent un volume entier de ses oeuvres complètes. Ses adversaires les plus acharnés lui reprochaient d'avoir sapé l'autorité de l'Église et ouvert la voie à Luther. Comme on le sait, l'histoire leur a donné tort.
    Paradoxalement, on l'a aussi accusé d'avoir trahi Luther, pour de sordides raisons d'intérêt personnel. L'accusateur était Ulrich von Hutten, son brillant disciple, auteur des Lettres des hommes obscurs. Le jeune chevalier, un des premiers chantres du nationalisme germanique, avait pris les armes contre l'Église catholique, ce qui lui valut d'être mis au ban de l'Empire. Il s'enfuit à Bâle demander la protection d'Érasme, mais ce dernier lui ferma sa porte.
    Alors il publia au printemps 1523, une Sommation dénonçant violemment la corruption et la lâcheté du grand humaniste.
    Érasme répliqua pendant l'été par l'Éponge contre les éclaboussures de Hutten, où il se justifiait point par point de ses accusations. Il ignorait que Hutten venait de mourir (de la vérole), si bien qu'on lui reprocha d'avoir insulté un mort, qui n'était plus en mesure de se défendre...
    Nous réunissons ici les deux pamphlets de ces anciens amis devenus ennemis irréconciliables, deux chefs d'oeuvre de la littérature polémique, dont les auteurs se jettent au visage la morale, l'amour des Belles Lettres, la religion et la politique, en prenant à témoin toutes les autorités de leur temps. C'est dire l'intérêt d'un échange qui se situe en ce moment précis où éclate le schisme protestant, au coeur d'une Europe bouleversée par les tractations diplomatiques et les conflits incessants entre les grands de ce monde :
    Charles Quint, François Ier, Henry VIII, Léon X.

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