J'ai lu (réédition numérique FeniXX)

  • 1491 : cette année-là, le roi de France, Charles VIII, qui convoite la Bretagne, assiège Rennes où s'est réfugiée Anne, la toute jeune héritière du duché. Cette année-là aussi, la belle Paimpontaise Alice Brihan, pour échapper à sa marâtre, épouse son cousin Lucius. Autour d'elle, ses compatriotes bretons complotent contre l'envahisseur français. Compromise, elle s'enfuit dans la forêt de Brocéliande, où Marie la Morgane lui donne secours et asile au sein de sa communauté de femmes. Mais Alice est arrêtée par la soldatesque française, qui l'enlève jusqu'au camp retranché sous les murs de Rennes, où elle est cantonnée parmi les prostituées... De la forêt complice au siège de Rennes affamée, le destin d'Alice est ballotté au gré de rencontres insolites, femmes étranges un peu sorcières ou prétendants passionnés. Et, lorsque l'amour se présente, c'est sous les traits d'un ennemi, un Français, le capitaine Julien Jézéquel. Un roman historique enchanteur, où le décor médiéval sert d'écrin à une intrigue romanesque, nourrie de légendes celtiques.

  • Un roman de guerre, de passion et de mort à l'époque napoléonienne.

  • Le 3 juillet 1968, à 22 heures, sur le quai 31 de la gare de l'Est, à Paris, Sarah Ritter attend l'arrivée d'un train venant de Stuttgart. Le matin même, Joseph Primula - le grand amour de sa vie dont elle est séparée depuis vingt-sept ans - lui a téléphoné : « Sarah, ce soir je serai à Paris ! » Le train arrive. Joseph descend du wagon. Sarah se précipite vers lui. Elle ne peut pas savoir que, pour elle, à cet instant, un nouveau cauchemar commence. Son frère, Robert, après des mois d'errance en Californie, retrouvera la France et son goût de l'écriture. Bruno renoncera à sa carrière de milliardaire rouge et connaîtra le bonheur. La villa « Beau Sourire » sera toujours leur bien précieux.

  • À Lagny, en juillet 1934, la famille Ritter pend joyeusement la crémaillère du pavillon que le père, Élie, a construit de ses mains. Les voisins, les amis, les camarades qui ont aidé Élie, sont là. Et sa femme, Sylvia. Et les trois enfants, Bruno, Robert et Sarah, la petite dernière, si douce et qui, à douze ans, promet d'être si belle. Après la fête, Sarah se love dans la maison comme un animal dans son terrier. Cette villa « Beau Sourire », ce sera sa maison à elle, sa « coquille d'escargot », comme elle dit. Les Ritter ont oublié que c'est un drame qui leur vaut d'être aujourd'hui propriétaires. Ils ne sont qu'émerveillés. Et cet émerveillement donne à Sarah le goût du bonheur. Ce sera sa force, chaque fois que la fortune lui fera défaut. La maison de Sarah est un passionnant roman, enrichi par la remarquable authenticité des détails de la vie quotidienne dans les années 1931 à 1947. L'auteur les a ressuscités avec minutie et passion.

  • Voici le second tome de la biographie de Gaston Phébus, étonnant personnage dont Froissart a dit : « Jamais je ne vis de prince de si magnifique stature et de si merveilleuse prestance. Ses yeux étaient verts et amoureux... Il était très beau... En toutes choses, il était parfait... » Séducteur, guerrier intrépide, grand homme d'État, Gaston Phébus était aussi mécène, homme de lettres Le grand livre de la chasse et poète Livre des Oraisons. La seconde partie de cet ouvrage, « Les créneaux de feu », nous mène de 1361 à la mort de Gaston Phébus en 1391 et se termine en 1393 par la mort de son fils Yvain de Lescar, au bal des Ardents. Les rebondissements sont étonnants, le récit mouvementé et passionnant. Nous vivons ainsi l'Histoire de France du XIVe siècle au travers d'un personnage hors du commun, qui sur elle, a profondément imprimé son sceau.

  • J'ai vu bien des chevaliers, des rois, des princes. Mais jamais je n'en vis qui fut de si magnifique stature et de si merveilleuse prestance. Son visage était très beau, coloré et rieur. Ses yeux étaient verts et amoureux. En toutes choses il était parfait. Il aimait ce qu'il devait aimer, haïssait ce qu'il devait haïr. Il était aimable et accessible à toutes gens et il leur parlait doucement et amoureusement. Mais dans son courroux nul n'avait pardon. Jehan Froissard

  • Après la tourmente de la guerre et de l'occupation, Sarah Ritter n'a pu réaliser son idéal : vivre calmement à Lagny, dans la maison familiale, avec ses frères Bruno et Robert, avec le grand amour de sa vie : Joseph. En 1947, seul Robert est revenu, mais pour peu de temps : d'autres aventures l'attendent. Bruno est encore en Auvergne. Elle n'a aucune nouvelle de Joseph, qu'elle croit mort. Faute d'avoir trouvé le bonheur, Sarah se lance dans l'action, dans le journalisme. En 1955, elle est directrice du premier hebdomadaire de télévision, Télé-Siècle. Elle fréquente les studios, croise des vedettes. Sa réussite professionnelle est brillante. Un jour de 1956, elle reçoit un étrange coup de téléphone... « La Femme de Prague », suite de « La Maison de Sarah », est également passionnant, enrichi par les références historiques et la remarquable authenticité des détails de la vie quotidienne, à Paris, à Prague, à Los Angeles, dans les années 47 à 56.

  • « Béatrice vient d'avoir seize ans. Elle a terminé sa seconde au lycée Jules-Ferry... Béatrice a eu le droit d'occuper le studio au-dessus de l'appartement de ses parents. C'est l'été, les vacances, et Béatrice a des soupirs, des rêves, et des envies... Béatrice aime son reflet. Elle pense que le premier désir sur son corps doit venir d'elle... Et Béatrice, menton collé à la poitrine, renifle l'odeur de gazelle tendre qui vient d'entre ses jambes, closes encore sur les moiteurs du sommeil. C'est une haleine chaude qui épouse la voûte de son corps comme une brume sur un vallon, un de ces parfums mouillés qui dansent dans la lumière sous les pierres brûlantes d'un pont d'été. »

  • Après les belles promesses vite envolées de la révolution de 1848, la nouvelle de la découverte de l'or californien provoque la fièvre de la jeunesse pyrénéenne. Beaucoup d'entre eux, alors, de déserter leur village pour s'embarquer et tenter une aventure qui se soldera pour la plupart, hélas, par un cruel désenchantement. Certains, mêmes, y perdront la vie, d'autres s'attacheront à la terre d'Amérique, et deviendront pionniers. Pourtant, quelques chanceux reviendront au pays, tel Brice Bartres, dont la fortune s'avérera incalculable. Mais quel douloureux secret pèse donc sur cet homme fascinant, séduisant en diable, et auquel personne jamais ne résiste ? Des montagnes de Bigorre aux rocheuses fabuleuses du Far-West, en traversant le Sud charmeur de Scarlett O'Hara... voici une immense histoire d'amour, contée par les auteurs de l'inoubliable « Gaston Phébus », le lion des Pyrénées.

  • Fils d'un marchand de céréales aisé et travailleur, Simon Soskin a connu dès son plus jeune âge le sort des Juifs russes : numerus clausus dans les écoles d'État, assignations à résidence, pogromes. C'est ainsi que les Soskin enverront six de leurs neuf enfants étudier en Allemagne et que l'aîné, Génia, ingénieur agronome, ira rejoindre Théodor Herzl en Palestine. Simon, le « bon à rien » de la famille, est chassé par son père à l'âge de vingt-deux ans, avec en poche un billet de deuxième classe pour la Mandchourie. Il s'installe dans la ville à peine ébauchée de Kharbine, dont le développement a commencé avec le traité russo-chinois de 1898 qui garantit aux Russes la concession d'une ligne de chemin de fer reliant Tcheliabinsk à Vladivostok. Le conflit russo-japonais surprend Simon à Kharbine. Ce sera l'occasion pour lui de faire fortune dans les fournitures aux armées. Dès lors, avec l'épopée du Transsibérien se développera, sur fond d'insurrections, d'attaques des bandits khounkouses et d'aventures féminines, la fulgurante carrière de Simon Soskin qui aimera d'amour une aristocrate russe, la belle Natacha, princesse Yablonov, avant de partir chercher la consécration en Europe...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À la fin du IIe siècle après J.-C., un centurion romain, ayant obtenu son congé militaire, ouvre, à Marseille, avec les siens, une auberge à l'enseigne de « La Bonne Fortune ». C'est là que la petite Flora, âgée de huit ans, fait ses premières armes en rendant quelques menus services de « dessous-de-table » aux clients. Cet apprentissage l'amuse beaucoup, et, bonne fille, elle partage avec son père les fruits de leur générosité. « La Fournaise » et « La Rondelle », deux des... serveuses de l'établissement, la prennent en amitié et lui enseignent dans la bonne humeur les rudiments du plus vieux métier du monde. Jeunes et moins jeunes, timides ou paillards, expéditifs ou... compliqués, les hôtes de passage contribuent à l'envi à son « éducation », et surtout, au petit trésor qu'elle se constitue sesterce par sesterce. À seize ans, elle décide de voler de ses propres ailes, et se fait adopter par un brave homme fort riche, Maximus Gallo. Ce sera, pour elle, le point de départ d'une carrière consacrée à l'amour et au plaisir.

  • Près de la ferme, au fond des bois où arrive la narratrice, il y a un château vide, entre les gens de la ferme et le château blanc il y a un secret... « Copyright Electre »

  • Mariés depuis sept ans, Albert et Victoire filent toujours le parfait amour. Seule ombre au tableau, lorsqu'Albert rentre chez lui, il a de plus en plus l'impression d'être l'empêcheur de téléphoner en rond. Chuchotements interminables et mimiques mystérieuses, pas de doute, il dérange ! Bizarrement, Victoire ne semble compter parmi ses amies que des cas sociaux : plaquées chroniques, nymphos en mal d'amants, éternelles fauchées, suicidées bon pied bon oeil, en un mot des professionnelles de l'échec. Leur unique objectif, selon Albert est de démolir son couple en sabotant leurs soirées, leurs nuits, leurs week-ends et même leurs petits câlins. Mais le jour où Albert avoue qu'il a perdu son job, tout bascule. Les secourues se transforment en secouristes. Un enfer vécu et raconté par un homme qui ne peut se passer des femmes. Un livre dans lequel aucune femme ne se reconnaîtra, mais où elle reconnaîtra toutes ses amies. « Enfin un roman qui nous fait rire. » disait Bernard Pivot au moment de la parution des Amies de ma femme, qui vient d'être adapté au cinéma par Didier Van Cauwelaert avec, dans les rôles principaux, Michel Leeb, Dominique Lavanant, Christine Boisson.

  • Julien de Fouquay, 41 ans, ex-diplomate au Quai d'Orsay reconverti dans les effets spéciaux et les cascades au cinéma, coule des jours tranquilles, presque enchanteurs depuis le départ de sa femme légitime, quelque six mois auparavant. Un soir où il rentre chez lui pour préparer une petite fête entre copains, il a la surprise de découvrir dans sa salle de bains une ravissante inconnue de dix-huit printemps qui lui annonce qu'elle est sa fille et qu'il est son père. Et elle a des preuves. C'est dès lors, pour Julien, le début du tourbillon car personne dans son entourage ne saura résister à cette fille belle, drôle, insolente. Et une fois de plus, les femmes vont se liguer pour mener la danse autour d'une victime épuisée mais consentante.

  • Rien ne va plus entre Alexandre, chroniqueur de jazz et de rock à la radio, glandeur, flambeur, dragueur, et sa femme Dominique, styliste de mode. Ils ne peuvent plus vivre ensemble, et la situation se dégrade sous le regard consterné et ironique de leurs enfants, Stéphane, 14 ans, et Raphaëlle, 12 ans. Stéphane, qui veut comprendre et agir, consigne dans son « journal de bord » les progrès du mal, des « premiers-signes-qui-ne-trompent-pas » au bouquet final : un « happy end » après l'explosion et la déchirure. Sa vision des choses, qui est, dans l'esprit et la lettre, celle des jeunes branchés des années quatre-vingt, incarne un acte de refus. Pour n'être pas emportés dans la tourmente, pour tenter d'influer sur le cours des événements, pour lutter sournoisement contre les intrus, Stéphane et Raphaëlle refusent le fait accompli du divorce et le rôle de spectateurs impuissants. Vert, drôle et swinguant quand ils se révoltent, émouvant et pathétique quand ils craignent de se perdre en perdant leurs parents, ce récit d'un divorce à l'amiable est aussi une leçon d'espoir. Grâce à leur forte personnalité ces deux jeunes laissés-pour-compte de la séparation s'en sortent. Au lieu de sombrer dans la mélancolie, ils contre-attaquent dans la bonne humeur, la fantaisie et la dérision. Même si le coeur n'y est pas toujours...

  • Georges Brossard, la quarantaine, fatigué et bedonnant, est agent de contentieux : il vit difficilement du recouvrement aléatoire de créances dérisoires auprès de débiteurs aussi minables que lui, généralement insolvables, souvent coléreux, parfois violents. Le soir, dans un appartement sordide, il se consacre à son oeuvre, un mystérieux travail, sous le regard de la photo de Mireille, la femme dont il est resté le veuf inconsolable, et qui l'observe depuis son cadre. Sa vie est bouleversée le jour où débarque la séduisante Lucie, fille d'un ami perdu de vue depuis longtemps. La jeune femme semble posséder un sens aigu des affaires, ou tout du moins un don étrange, qui lui permet de recouvrer les créances des débiteurs les plus récalcitrants, et d'ouvrir à son mentor un monde beaucoup plus lucratif. Une belle jeune fille n'est pas toujours innocente, une secrétaire névrosée n'est pas toujours inoffensive, mais une dette impayée est toujours exigible.

  • Sur les hauteurs d'Arcachon, la forêt de pins dissimule de grandes villas mystérieuses. En cette fin de siècle dernier, la Ville d'Hiver dans son décor irréel hésite entre les fêtes les plus folles et la solitude désespérée des agonies. La tuberculose n'est plus une maladie de pauvres. Elle choisit aussi des victimes parmi les êtres jeunes, beaux, riches ou puissants qui sont venus chercher ici une improbable guérison. Avec Bettina, sa femme, Théodore de Leiris doit apprendre à vivre dans cette ville sanatorium, microcosme où se nouent mille intrigues d'autant plus passionnées qu'elles sont brèves. Le docteur Le Cesne qui soigne Théodore se bat avec rage pour endiguer le terrible fléau. Il lutte aussi contre l'amour qui l'entraîne avec Bettina loin des convenances et des préjugés. Entre la passion et le devoir, les amants de la Ville d'Hiver frôlent sans cesse le naufrage. L'amour et la mort l'emportent tour à tour dans le coeur de Bettina. Partagée entre l'homme de sciences investi dans son combat et Théodore, le séducteur installé dans la maladie, elle ne sait vers qui la mène son destin, sombre comme les eaux océanes.

  • Les Vallogne, ruinés à la suite de l'assassinat du chef de famille, quittent Bordeaux en 1920 pour Cuba, à destination d'une terre vierge : Xéraco. À leur tête, Mathilde Vallogne, son fils Joseph, médecin radié du Conseil de l'Ordre, sa belle et jeune femme Constance, leur fils de cinq ans, Maxime et deux adolescents, Bérénice et Antoine, soeur et frère de Constance. L'arrivée à Xéraco commence par une cuisante déception. Au lieu de la riche plantation à laquelle les Vallogne s'attendaient, ils découvrent une cabane de bois perdue au milieu des marais insalubres. En revanche, leur ancien métayer, Léon, a fait fortune dans ce pays tropical où il est installé depuis vingt ans. Et il semble se réjouir du malheur des Vallogne, peut-être même l'a-t-il orchestré, comme s'il avait une revanche à prendre. Le poids terrible des secrets du passé va peser lourdement et les drames vont se succéder. À Xéraco, une épidémie récurrente de fièvre blanche a rendu les indigènes superstitieux. Et, à quelques heures de bateau, se trouve le bagne de Cayenne où croupit Pierre Vallogne, accusé de l'assassinat de son père. Constance ne cesse de penser à lui, elle l'a tant aimé... Lorsqu'il apprend la présence de Constance à Xéraco, Pierre décide de tenter une évasion... Une production TF1 et Neria Productions.

  • Voilà l'histoire : on s'est rencontrés. J'aurais voulu qu'il m'aime. Qu'il me sauve. Mais, ça n'a pas marché. Ça n'a... pas été possible. Bon. Très bien. Alors... qu'est-ce que je pouvais faire ? Sauver les arbres, les enfants, les gens, le monde ? J'avais déjà des dispositions. Allez, allez... Mais j'anticipe.

  • "Je mange un oeuf" est la mise en mots de 120 jours de la vie de Nicolas Pages. Trois mois d'été à Lausanne, Mykonos, Londres et retour. Nicolas Pages, dans ce premier roman, n'écrit pas comme tout le monde : écriture haletante, sans autre ponctuation que les virgules qui séparent chaque action. « Copyright Electre »

  • « « Lucas, 27 ans, cherche un jeune mec sympa et mignon. » Forcément, avec une annonce aussi estupida, je n'obtiens pas l'ombre du début d'un commencement de réponse. » Oui, il y a une vie après le réseau et le sauna. Et la drôle de faune qui entoure Paca en est la preuve : Barbara, fille à pédés au grand coeur ; Gwendolyne, qui rêve de sodomiser les garçons avec un gode ceinture ; le docteur Archibald Annibaldus, réparateur de trous de balle ; Julien, copain d'enfance volontiers partouzeur ; un papa out qui exhibe un tablier « I'm the cook » ; une maman hypocondriaque en perpétuel traumatisme post-accouchement ; un amour de Pierre, sa plus belle love story ; Stéphanie, copine d'enfance casée « babygros petits pots », etc., etc. Oui il y a une vie après le réseau et le sauna, mais aussi des gens, des situations, des moments archi-énervants. Des matins, des midis et des soirs hyper agaçants. Et au total, une vie où Pacabête, hystéro philosophe à ses heures, s'énerve à rechercher les formules du plaisir et du bonheur, à hésiter entre les petites histoires de cul et la grande histoire d'amour. Le moral en dents de scie, on touche le fond avant de rebondir : la vie est énervante mais belle. Avec humour, un brin d'excès, Pascal Pellerin tient la chronique de la vie d'un jeune gay parisien, d'où se dégage une sourde mélancolie urbaine.

  • « La Vache Noire, c'est là que je suis né. Au bord de la Nationale 20. Au bout - mais j'y suis jamais allé - y a le soleil. Pas qu'ici, c'est le couvercle. Grisaille et plafond de fluos orange. Bruit de fond : le coulis carbonique de l'autoroute qui traverse les ZUP. J'ai vu le jour entre une pompe Shell et un trois-pièces cuisine fleurant l'Harpic. Ma mère m'a craché comme un noyau de cerise en pleine canicule. J'étais prématuré. C'est un signe ça, non ! Bref et Paic citron, voilà le décor planté. »

  • « ... Paul avale sa salive. Depuis huit jours que Bernie s'est installé au Mustang, il l'a vu grimper quatre à quatre les échelons du délire. Parano aiguë et folie de la persécution. L'autre matin il l'a trouvé en train de parler dans le tuyau de la douche qu'il avait arraché du mur et branché sur la télé. Le porte-parole du Pentagone faisait un speech particulièrement agressif à l'égard de l'Iran et Bernie remplissait les blancs à sa manière, gueulant des slogans pacifistes et insultant tout le gouvernement - Ils croient que c'est de ma faute ! Les ouragans, les meurtres, les guerres ! Merde, je n'ai jamais voulu ça ! Je n'ai jamais voulu ça Paul ! Ils sont fous ! Il faut que je les arrête ! »

empty