L'arbre Vengeur

  • Raconté par un homme vieillissant que la vérole a défiguré mais qui reste précieux car il sait inséminer les fleurs du vanillier, Les Tortues nous plonge dans un épisode dramatique de la vie de ce survivant :
    Une épidémie qui ravagea l'équipage d'un bateau de trafiquants transportant des tortues géantes. Au son des carapaces s'entrechoquant, dans l'angoisse d'un navire noir qui les poursuit, les hommes ont vécu dans l'espoir d'un trésor sans cesse plus éloigné. Incapables de se libérer de leur prison sur les eaux, ils ont dû affronter leur propre terreur, la variole et enfin la mort tapi dans l'ombre.
    Inspiré par Melville, envahi par les vapeurs alcoolisées qui rappellent Lowry, dans une ambiance à la B.Traven, ce roman symbolique est un des diamants noirs de la littérature du XX° siècle.

  • Dans la lignée des grandes «enquêtes» d'Emile Zola et des naturalistes -lesquelles font ellesmêmes suite en quelque sorte au vaste chantier de mise en chiffres du pays par les préfets de l'Empire -, Léon Bonneff a mis en fiction ce qu'il a vu lors des reportages effectués avec son frère Maurice pour L'Humanité ou Les Hommes du jour. Au sujet des « Métiers qui tuent » ou bien encore des cafés, beuglants et autres «assommoirs », les deux frères observaient la condition difficile des classes populaires et cette voie malsaine empruntée par les ouvriers recrus de labeur vers la maladie, la violence et la misère.
    Profondément humain, comme le démontre Aubervilliers, Léon Bonneff aura ouvert la voie à de nombreux fictionneurs-reporters tels Robert Garric (Belleville, scènes de la vie populaire), Marmouset (Au lion tranquille), Marc Bernard (Sarcellopolis), et jusqu'au tenant du réalisme fantastique Jacques Yonnet Aubervilliers est le récit empathique d'un faubourg éloigné des boulevards éclairés par la modernité, mais rendu plus lointain encore par la révolution industrielle qui y cachait le rude traitement fait à l'être humain qui doit travailler pour survivre. La rente n'était pas morte mais le capitalisme faisait déjà des ravages.

  • Piotrus

    Léo Lipski

    Il s'est planté sur le marché de tel-aviv, un panneau autour du cou : à vendre - piotrus - vêtements compris mme zinn n'a pas hésité longtemps : malgré son triste état, l'homme fera parfaitement l'affaire.
    Il aura la tâche de s'enfermer dans les toilettes tout le jour pour empêcher ses locataires d'y entrer et les pousser ainsi vers la sortie. un volume d'encyclopédie suffira à l'occuper. que faut-il avoir subi, qu'attend-on de la vie et de soi-même pour accepter ainsi de lier son sort à celui d'un trône interdit aux voisins? la jeune batia qui, de temps à autre, vient le tirer de son néant et l'ensorceler le sauvera-t-elle de sa tentation du gouffre? tragi-comédie sans pareille imaginée par un polonais, héritier de schulz et gombrowicz, réfugié en israël, farce philosophique composée dans un style syncopé, piotrus est un roman inoubliable, météorite noire et brûlante qui classe son auteur inconnu dans la caste maudite des visionnaires de son siècle.

  • 94 jours derrière les hauts murs de Sainte-Anne, trois mois à observer les condamnés de ce bagne ignoré, des semaines à contenir sa propre folie, Marc Stéphane les a vécus au début du XXe siècle. Voyage au bout d'un enfer personnel et collectif, cette Cité des fous est le récit détaillé de sa plongée dans ce monde chaotique interdit à quiconque n'était pas psychiatre, infirmier ou... aliéné. Et parce que cet écrivain désormais englouti possède une langue d'une verdeur à faire pâlir un certain Céline, parce que ses lignes mêlent à une intense compassion un refus du pathos fétide, il transforme ce qui pourrait être un réquisitoire en odyssée au pays de la folie.
    Texte inclassable et d'une inquiétante drôlerie, La cité des fous mérite de figurer dans les bibliothèques de ceux pour qui la littérature n'est prisonnière d'aucune forme et d'aucune camisole.

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  • Spécialiste d'Alphonse Allais, François Caradec a choisi la litote pour rédiger un texte drôle et ravageur sur la figure du patron. A l'heure où le MEDEF n'a plus aucun scrupule à étaler son absence de scrupules pour diriger hommes et entreprises, voilà une bonne petite claque pour rappeler qu'on peut être chef et complètement abruti. Un texte bref, mordant, qui fut écrit en 1960, et imprimé, amusante ironie, chez celui qui l'inspira : il annonce quelques décennies de lente plongée dans l'imbécillité managériale. Ce très court texte rappelle l'intelligence piquante d'un grand nom de la littérature qui plus que quiconque connaissait la valeur de l'humour, sa force et sa capacité à résister au temps. Le livre contiendra une préface et, en sus, une interview inédite de l'auteur.

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  • A la fin de la première guerre, l'Etat-Major, qui n'a aucun scrupule et se fait un devoir de flatter l'opinion publique conspuant les planqués, décide d'envoyer au front les réformés, les malades, les abimés, ce qui augmentera les effectifs sans rien apporter en termes militaires. Se retrouvent ainsi dans des casernes des éclopés que l'on tente d'éduquer à la vie militaire et au maniement d'armes. Epileptiques, phtisiques, bossus, rachitiques, ces infirmes se savent condamnés, pour certains à ne même pas apercevoir la ligne de front.
    Raconté comme un roman ce témoignage qui met un scène une petite troupe ne nous épargne pas les détails d'un scandale qu'on a eu vite fait d'oublier, mais l'auteur raille sans excès et manifeste une colère d'autant plus forte qu'elle est contenue. Une claque !

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  • Rassemblés en un volume quatre petits opus signés Lascault qui sont autant d'expériences narratives drôles et inventives. Il y joue avec les mensonges et les menaces diffuses de l'au-dessous dans Un monde miné ;
    Avec les trompe-l'oeil de l'antérieur et les souvenirs inventés dans Enfances choisies ; avec un lointain fourbe et féroce dans Un îlot tempéré ; avec une province française imaginaire et avec les équivoques du familier dans Voyage d'automne et d'hiver.
    C'est une plongée dans une autre dimension qui semble réfracter notre monde, un carrousel délirant mais ordonné de figures historiques ou mythiques, de réinventions du passé, de jeu sur la mémoire et notre goût pour les classifications.
    C'est un livre fou, excitant, raffiné, subtil.

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  • Rayas Richa est né à Aitanit au Liban en 1978 d'un professeur de Lettres maronite et d'une mathématicienne arménienne. Il a eu une enfance heureuse et n'a pas fait beaucoup d'enfants. A près avoir été banquier, coursier, épicier, gérant, photographe et vendeur, il donne avec Les jeunes constellations son premier roman. Récit d'aventure faisant semblant d'ignorer le Nouveau Roman en même temps que roman de formation grave et truculent, Les Jeunes Constellations entrecroisent les fils de la création littéraire avec une impressionnante maîtrise. Il semble en effet que le projet de l'auteur consiste à concilier Stevenson et Arno Schmidt, Beckett et B.Traven. Son livre, plein d'audaces stylistiques assez inédites, se distingue en particulier par des images stupéfiantes. Elles sont même caractéristiques, et paraissent ne pouvoir jaillir que sous le dictée d'un homme à la recherche de sa langue propre, entre l'arabe maternel et le français d'accueil. Ces trouvailles dignes d'un créateur de premier ordre constituent des points d'orgue dans le cours d'un récit monté par un écrivain aussi roué qu'habile aux entrelacs et contrepoints et qui n'hésite pas devant l'outrance inusitée ou le verbe idoine.

  • La lune va se décrocher du ciel britannique et personne ne le sait qu'une poignée d'hommes bien décidés à garder le secret jusqu'au bout. Parmi eux un éleveur de poules philatéliste qui appartient à la race, parfois inattendue, de ceux qui survivent aux catastrophes. C'est ce bonhomme falot et sans grandeur qui va nous raconter la plus terrible histoire vécue par le monde occidental et la consigner, de sa plume naïve, dans un manuscrit fantastique que les hommes du futur baptiseront Hopkins.
    Proche d'un Wells, ce maître dans l'art d'inventer des fables pour faire réfléchir ses contemporains, mais avec une ironie, un sens du comique qui ne sont qu'à lui, R.C. Sherriff a composé le plus saisissant et le plus original des romans apocalyptiques. Ce chef-d'oeuvre de la science-fiction anglaise transcende par son ton les canons du genre. Salué par le public anglais qui lui a fait un succès qui ne se dément pas, il a influencé Aldiss ou Wyndham.
    Michael Moorcock, qui le considère comme un classique, en signe la préface inédite. Un livre qui vous fera regarder la lune bien différemment...

  • Tout au long du récit qu'il consacre à Séti, le caméléon qui lui fut offert en 1926, Francis de Miomandre excelle dans son genre de prédilection - une prose impeccable frottée d'ironie, marquée par un humour voilé, qui débusque la fantaisie jusque dans les choses les plus graves, et par un art inimitable qui consiste à prendre au sérieux les sujets les plus légers.
    A l'occasion de la réédition de ce petit chef d'oeuvre pince-sans-rire, en hommage à Séti, le caméléon fameux pour les visites que lui faisaient André Gide, Paul Valéry et le Tout-Paris animé d'une immense curiosité, le lecteur trouvera la réponse à une question de la plus haute importance : quelle couleur prend donc le caméléon dans l'obscurité ?
    Voici le seul livre français consacré à cet animal magnifique.

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  • A sainte-anne, incroyablement racontée par marc stéphane dans sa cité des fous, on n'écoute plus les sempiternels refrains des internés, fussent-ils surnommés voltaire et soumis au régime des " tranquilles ".
    Et pourtant... une bouteille d'alcool oubliée, un petit écart dans les règles, et vous voilà plongé dans un fait divers horrifique et ahurissant. le drame affreux qui vous est conté ici, dans une langue verte comme l'absinthe et avec un humour noir comme la nuit de la folie, vous fera passer un délicat frisson le long de l'échine et du cou... l'arbre vengeur complète avec ce petit volume sa réédition de la cité des fous de marc stéphane, un écrivain qu'il est urgent de redécouvrir.

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  • Au Panthéon des maudits, André de Richaud s'est taillé une place de choix. Ne réclamant rien à la gloire, il a droit à celle, posthume et étriquée, des écrivains de haut style qui négligèrent de consolider leur statue. Reste pourtant une gerbe de livres splendides et des éclats de talent disséminés dans les revues et les journaux. Le prouvent les onze textes rassemblés dans ce volume qui couvrent sa large palette d'inspiration, des chroniques parisiennes aux nouvelles rurales ou fantastiques.

    On y retrouve le Richaud lunaire parfois fantaisiste, le tendre, le poignant qui cachait sous son humour une sourde violence que la difficulté d'être lui imposait. Derrière sa concierge ignoble et drôle apparaissent des personnages d'une humilité héroïque ou d'un héroïsme mordant. Un livre pour les nuits blanches et les jours sombres.

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  • Le livre que vous venez de saisir au milieu de l'étal n'a le goût d'aucun autre. Roman à intrigue policière pour les uns, chant populaire à la verve fabuleuse pour les autres, il interdit tout classement, stupéfiant d'inventions et de richesses.
    Le très rare et méconnu Jean Duperray s'est fait avec Harengs frits au sang le romancier délectable d'un fait divers sanglant pour lequel il a inventé une langue à même d'en saisir l'intensité et l'énergie, une langue inattendue et terriblement musicale. La fascination qu'il éprouvait pour la foire, le cirque, le divertissement et l'expression populaire, doublée d'une attirance pour la subversion, la transgression voire la révolution se déploie dans ce récit dramatique et palpitant.
    Il pourra paraître âpre, noueux, corsé aux âmes sensibles, qui ne s'étonneront pas de ce qu'il contient de spectaculaire ou de râpeux. La fiction selon Jean Duperray n'a rien d'une bluette. « Du brutal » aurait dit Michel Audiard.
    Une redécouverte goûteuse et sanguine.

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  • Tous des monstres ? Le père qui saute sur les filles de ferme qu'il engrosse ? La mère qui se débarrasse de celles-ci devenues gênantes ? Les fils qui se taisent et lèvent à peine un sourcil ? La fille que son père a violée avant de s'effondrer sur elle, terrassé par une crise cardiaque ? Le gamin né de cette union sordide et que tout le monde rejette ? Le village qui, du haut de sa morale et de sa religion, toise ce vil troupeau ? Avec Gaston Chérau le monde paysan recèle des tragédies prisonnières de la glèbe.
    Son chef-d'oeuvre monstrueux, superbement écrit, a survécu à l'effondrement d'un monde et sidère en nous les descendants lointains de ces rustres terribles. Un classique qui colle aux sabots, éclairé par quelques nouvelles du même tonneau. Tous des monstres...

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