Belles Lettres

  • Fables

    Esope

    Nous ne savons presque rien sur Ésope, à qui les Anciens attribuaient l'invention de la fable. Il semblerait que rapidement la vie du fabuliste soit devenue légendaire. Phrygien selon certains, Thrace selon d'autres, il aurait vécu au VIe siècle de notre ère et aurait été esclave. Il serait mort assassiné à Delphes, tué dans de mystérieuses circonstances.
    Transmises oralement jusqu'au IVe siècle, ces fables ont connu un succès phénoménal tout au long de l'Antiquité, servant tout autant de bon mot dans les banquets que de sagesse populaire dans les institutions civiques.
    Notre édition regroupe la totalité des fables qui nous sont parvenues sous le nom d'Ésope. La notice générale rassemble les différents témoignages concernant le fabuliste, comme ceux d'Hérodote, d'Aristophane ou de Plutarque, les analyse et les discute et retrace en outre l'histoire du genre depuis son origine orientale jusqu'à sa fortune à Rome. L'ouvrage est en outre enrichi d'une table des fables.

  • En composant La Guerre du Péloponnèse, l'historien athénien Thucydide n'entendait pas seulement faire le récit du conflit qui, de 431 à 404 avant notre ère, avait opposé les deux plus puissantes cités grecques, Athènes et Sparte, mais aussi procurer à ses lecteurs un enseignement « pour toujours ». Il ne s'agissait pas seulement d'établir les faits de la façon la plus sûre, mais encore d'en éclairer le sens par les discours prêtés aux différents protagonistes. En suivant l'ordre chronologique, et en menant une enquête contradictoire, Thucydide a posé les fondements de la méthode historique : d'abord rechercher la vérité, ensuite dégager la logique des événements.
    Écrire « un trésor pour l'éternité » telle était l'ambition de Thucydide. Elle fut amplement satisfaite : La Guerre du Péloponnèse n'a jamais cessé d'être lue et reste de nos jours un des chefs-d'oeuvre de la littérature antique. Sur son auteur cependant, nous n'avons que peu de renseignements. Thucydide est né entre 460 et 455 dans une famille aisée du dème d'Halimonte. Grand admirateur de Périclès, il participe à la vie politique d'Athènes et devient stratège. Cette charge ne lui attire guère d'honneur car il est contraint de quitter Athènes pendant 20 ans. C'est pendant l'exil qu'il rédige La Guerre du Péloponnèse, dont seuls 8 livres nous sont parvenus.

  • Adages

    Erasme

    Les Adages, publiés en 1500 à Paris, connurent un tel succès que les imprimeurs se bousculèrent pour les rééditer, si bien qu'il en parut seize éditions du vivant d'Érasme (1466-1536). Elles furent revues et augmentées par lui à dix reprises. On passa ainsi de 820 adages (1500) à 4 151 (1536).
    L'ouvrage resta un best-seller tout au long du XVIe siècle, jusqu'à sa mise à l'Index par le concile de Trente (1559).
    Les Adages sont les notes de lecture d'Érasme, tirées de l'ensemble de la littérature antique à laquelle il pouvait avoir accès - c'est-à-dire la quasi-totalité. Nous avons donc affaire à un choix de citations commentées. Combien ? Sans doute une vingtaine de mille au total. Leur choix se déroule sans autre ordre que le fil des lectures et les associations d'idées d'Érasme. Il concevait ce recueil comme une collection de modèles d'élégance de style, de formules « bien frappées » riches de sens métaphorique, qu'il commentait avec humour. Ses commentaires vont de la remarque anecdotique d'une ligne (adage 367 : « Tu recolles un oeuf ») jusqu'au traité moral et politique d'une cinquantaine de pages contre les papes guerriers (adage 3301 : « La guerre est douce à ceux qui n'en ont pas l'expérience »).
    Les humanistes ne s'y trompèrent pas en faisant des Adages leur livre de chevet, au même titre que les Élégances de Lorenzo Valla. Les adages fleurissent en effet à chaque page des meilleurs auteurs de l'époque, depuis Hutten jusqu'à Montaigne. Les professeurs par la suite y trouvèrent une mine de règles de style à faire étudier à leurs élèves (tel l'adage : Ut sementem feceris, ita metes « Tu récolteras ce que tu as semé », qui figure encore dans les grammaires latines actuelles).
    En somme, les Adages constituent une voie royale d'accès à la littérature grécolatine.
    Érasme fut sans doute le meilleur connaisseur et vulgarisateur de cette littérature que l'Europe ait connu. Il nous livre ici une oeuvre à la fois érudite et distrayante, apte à réconcilier les modernes avec la culture antique.
    Cette édition présente une sélection des Adages par Jean-Christophe Saladin, qui a dirigé le coffret de l'intégralité des Adages pour la collection Miroir des humanistes (2011).

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  • De la soixantaine de traités attribués à Hippocrate, le Serment est actuellement le plus célèbre, car il est resté, malgré les progrès considérables de la science du vivant, le modèle de référence le plus ancien de l'éthique médicale en Occident. Cette célébrité se perpétue dans le monde médical moderne, sous forme d'une tradition rituelle qui consiste à faire prêter le Serment hippocratique au futur médecin lorsqu'il soutient sa thèse, avant d'entrer dans la carrière de praticien.
    L'impétrant moderne accomplissant le rite ne s'interroge pas sur l'origine du texte ou sur le contexte dans lequel il a été formé. Pourtant, pour évaluer dans quelle mesure le Serment peut avoir encore un sens dans le monde moderne, il est nécessaire de remonter dans le temps pour savoir pourquoi il a été écrit et comment il a été écrit.
    Ce Serment, païen, a été conservé et adapté pour le milieu chrétien. On possède ainsi un Serment chrétien en prose et un autre en vers. Au Serment est joint le traité de la Loi qui forme couple avec lui depuis l'Antiquité. Moins célèbre, ce petit traité ne manque pas d'intérêt et de charme, car il a pour objectif de définir les meilleures conditions possibles de l'enseignement d'une véritable médecine, dans une profession qui, n'étant alors pas réglementée, laissait proliférer les charlatans au détriment des véritables médecins. Enfin, le lecteur pourra découvrir, de manière totalement inédite, le Testament d'Hippocrate.

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  • La Théogonie est le chant qu'élève en l'honneur des dieux Immortels un poète béotien inspiré par les Muses. Dans ce poème d'époque archaïque, Hésiode célèbre l'ordre divin du monde en racontant la formation de l'univers, la succession des générations divines et la répartition des honneurs parmi les dieux. L'histoire de la famille divine aboutit ainsi à la mise en place de l'ordre éternel de Zeus. Naissances, unions, conflits, alliances et combats dessinent une carte des puissances divines actives dans le monde. Ce processus théogonique attribue à chaque élément du cosmos, aux dieux immortels ainsi qu'aux hommes mortels, les prérogatives et la place qui leur reviennent.
    Le poème d'Hésiode n'est pas seulement un chef-d'oeuvre de la littérature antique.
    Il met véritablement en scène les puissances divines qu'un homme grec pouvait percevoir à l'oeuvre dans l'univers. La Théogonie atteste à quel point, en Grèce ancienne, poésie et religion étaient étroitement liées l'une à l'autre.

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  • La Vie de Charlemagne, écrite au IXe siècle par Eginhard (770-840), familier du grand empereur et de son fils Louis le Pieux, est le texte le plus célèbre du Moyen Age latin.
    La précédente traduction, donnée par Louis Halphen en 1923, inaugura la collection "Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Age" devenue "Les Classiques de l'histoire du Moyen Age" dans laquelle ce volume prend place, un siècle après.
    Riche d'anecdotes piquantes, de descriptions ethnographiques, de notations épiques, ce texte est la source essentielle pour l'histoire de Charlemagne et l'interprétation de son règne. On y voit la dépréciation des Mérovingiens en rois fainéants, et la construction de l'image du grand conquérant, rénovateur de l'Eglise, de l'école et de la culture, couronné empereur par le pape en 800. Mais ce récit est aussi l'oeuvre d'un auteur : Eginhard écrit après les faits et son ouvrage est tissé des préoccupations politiques des successeurs de Charlemagne. C'est aussi l'oeuvre d'un savant, acteur de la Renaissance carolingienne, pétri de culture classique mise au service de la politique et de l'art littéraire.

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  • La Guerre contre les vandales raconte l'affrontement de trois cultures différentes aux Ve et Vie siècles ap. J.-C. : la société vandale établie en Afrique du Nord, les Byzantins à la reconquête de l'Afrique romaine, les tribus berbères d'Algérie, de Tunisie et de Libye.
    Source historique essentielle, le récit de Procope est aussi une remarquable oeuvre littéraire. Chronique historique, journal de guerre, roman d'aventures, témoignage sur l'insolite et le surnaturel, galerie de portraits (les Vandales Geiseric et Gélimer, les Byzantins Bélisaire et Solomon, les Berbères Kabaon, Antalas et Koutzinas...) toutes les formes d'expression sont mises à contribution pour recréer, avec véracité et vivacité, l'atmosphère de l'Afrique byzantine de Justinien.

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  • Que les bêtes brutes, elles aussi, possèdent, par nature un certain sens moral, et qu'elles partagent avec l'homme bon nombre de privilèges qui ont été impartis aux humains, voilà bien, pour le coup, quelque chose de grandiose."s'émerveille Elien qui, dans la Personnalité des animaux, prend résolument le parti des bêtes.
    Elien de Préneste, maître de rhétorique du IIe-IIIe siècle ap. J.-C., a utilisé une documentation énorme (et pour l'essentiel perdue aujourd'hui) afin de réaliser cette inestimable anthologie du savoir zoologique grec.
    Cet ouvrage réunit, sous forme de courtes notices, d'innombrables observations, anecdotes et curiosités sur la faune grecque, mais aussi africaine et asiatique, en accordant une grande importance à l'éthologie et à la psychologie animales.
    La Personnalité des animaux témoigne d'une curiosité illimitée, d'une admiration sans bornes et du profond respect de son auteur pour ces êtres que l'on dit « sans raison » et qui, chacun à sa manière, manifestent l'intelligence, la beauté et la vertu de leur caractère et de la Nature.

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  • La Cyropédie ou Éducation de Cyrus, dont le titre ne convient tout à fait qu'à une partie du premier livre, est une oeuvre difficile à définir et à classer, ainsi qu'en témoigne la diversité des appellations qui lui ont été données : histoire, histoire romancée ou roman historique, biographie romancée, roman philosophique ou moral, roman didactique, traité d'éducation, institution militaire, ouvrage socratique, éloge. En fait, elle est tout cela. Elle se présente comme la Somme des idées sur l'éducation, la politique, la morale, l'art militaire, la chasse, l'équitation, que Xénophon avait déjà exprimées ou qu'il exprimera plus tard - c'est là affaire de dates - dans ses autres écrits, notamment dans ses traités plus courts et plus spécialisés.

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  • La science de l'histoire est une digue inébranlable qui s'oppose au torrent du temps (...). C'est parce que j'en suis convaincue, que moi, Anne, la fille des empereurs Alexis et Irène, née et élevée dans la Porphyra, qui non seulement ne suis pas étrangère aux lettres, mais qui me suis attachée à la connaissance approfondie du grec, qui, sans avoir négligée la rhétorique, ai lu avec attention les traités d'Aristote ainsi que les dialogues de Platon, et qui ai mûri mon esprit par le quadrivium des science (...), je veux, dans cet ouvrage que j'écris, raconter les actions de mon père qui ne doivent pas être livrées au silence, ni entraînées par le torrent du temps comme un océan d'oubli, aussi bien toutes celles qu'il accomplit une fois maître du pouvoir, que toutes celles qu'il accomplit avant son couronnement au service d'autres empereurs. » Au soir de sa vie, la princesse byzantine, fille de l'empereur Alexis, Anne Comnène (1083-1148) et femme du non moins célèbre historien Nicéphore Bryenne, explique en ces termes le projet de son livre. Outre l'hommage émouvant d'une fille à son père, L'Alexiade abrite le récit d'une période historique passionnante, où Turcs et Croisés se déchirent et menacent Byzance, où se croisent des figures aussi riches que Godefroi de Bouillon, Isaac de Comnène, le valeureux Georges Paléologue ou le Normand Bohémond où les intrigues de palais ne sont interrompues que par les récits de batailles et les invasions « barbares ».

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