Atelier Des Brisants

  • Le style photographique de Pierre Toulgouat est toujours précis, sans fioriture inutile, simple : il va à l'essentiel. Il utilise le format 6x6, les rouleaux de pellicule noir et blanc de 12 poses et se sert d'un appareil de marque Reflex - Korelle avec lequel il peut poser sur pied et effectuer de la macrophotographie par l'adjonction de bonnettes. A l'instar des peintres flamands du XVIII' siècle il compose des cadrages où le ciel est prédominant dans une proportion souvent des deux tiers , parfois des trois quarts. Cet apport de ciel où il accroche les nuages par des filtres lui permet d'atteindre une texture très contrastée qui n'appartient qu'à lui, d'autant qu'en vrai artisan du noir et blanc il développait toujours lui-même ses clichés dans son laboratoire en choisissant soigneusement ses papiers de tirage jusqu'à l'obtention de l'effet désiré. Son expérience de photographe de mode dans une vie antérieure avait enrichi et affiné sa palette. Il avait appris à mesurer et à tester lumières naturelles et artificielles si bien qu'il mit au point sans posemètre ce merveilleux clair-obscur qui irradie et baigne l'atmosphère de ses clichés et constitue un secret de fabrication qui confine au grand art, tout simplement. Cette marque est sensible jusque dans ses clichés d'inventaires d'objets, de meubles, d'outils et plus tard dans ses photographies d'arbres, de forêts et de végétation puisqu'elle donne à toucher au plus près le grain de matière et la qualité du matériau, voire l'essence forestière en sorte qu'il est relativement aisé d'identifier parmi d'autres un cliché signé Pierre Toulgouat.

  • Dès 1938, Pierre Toulgouat a systématiquement recherché, dans le département des Landes les grands types de maisons rurales, afin de les remonter dans le parc arboré du musée Forestier d'Hossegor.
    La guerre a sérieusement compliqué cette recherche mais la GrandeLande, le Marensin, et les Petites-Landes de Roquefort ont fait l'objet de prospections systématiques. Une recherche spécifique a permis de révéler un type d'habitat particulier, la bergerie courbe. La maison de l'ancienne lande rassemble donc toutes les connaissances acquises sur le terrain aussi bien pour les constructions principales que pour les bâtiments annexes.
    Mais pour dépasser la simple observation, Pierre Toulgouat propose une réflexion sur l'origine de la maison à auvent et sa répartition. Il montre ainsi, dans une perspective territoriale plus vaste, les points de convergence avec la maison sous pignon de type basque. À la fin de cet ouvrage, un extrait de la monographie du moulin de Lestrac - commune de Lencouacq -, permet de découvrir un travail inédit de Pierre Toulgouat.

  • Depuis plus de deux siècles le pays landais est en continuelle transformation. L'actuelle introduction du maïs sur les landes que l'on pouvait croire à vocation forestière en est la dernière manifestation.
    Le mode de vie des habitants de l'ancienne lande est restitué par Pierre Toulgouat dans ce livre, qui, remontant bien au-delà du XIXe siècle nous fait comprendre par quels moyens, avec quels animaux, ce peuple de bergers-agriculteurs arrivaient à vivre dans ce pays de sable.
    L'élevage, l'agriculture, la chasse, la pêche, la cueillette, les droits de bris et de naufrage, en véritable ethnologue c'est à une découverte passionnante, à travers le temps et les activités humaines, que Pierre Toulgouat nous entraîne au pays de l'Adour, de l'Océan, de l'alios, des matins glacés où la brume flotte, sur la lande, au ras du sol.

  • Nuit très chaude, réveil par beau temps. Travail au moulin. Le meunier démonte sa meule, et la dépique devant nous. Travail intéressant à noter.
    Nous prenons dessins et photos. Toujours très grosse chaleur - il est pénible de prendre en plein soleil les côtes extérieures du moulin.
    Déjeuner à Lencouacq. L'après-midi travail au moulin.
    Vers 5 h, toujours très aimable, et intéressé par la vieille vie landaise qu'il nous conte volontiers, le meunier nous conduit à la Commanderie de Bessan. Nous filons en vélo par des pistes, en pleine forêt, les roues dérapent sur le sable, les ajoncs nous fouettent les jambes. C'est assez pénible et long. Enfin après quelques métairies abandonnées nous arrivons en un lieu désert et dénudé où nous voyons les ruines d'une vieille chapelle : c'est Besseau. Elle est bien démolie la pauvre, il n'en reste que la façade avec sa porte ogivale et quelques pans de mur. Le sol est jonché de débris de pierres (garluche), les ronces poussent maintenant dans la nef, le lierre envahit les murailles. Mr Capdeville nous dit que les pierres ont beaucoup servi comme matériaux de construction pour les métairies des environs.
    Evidemment, dans ce pays, la pierre est si rare que ces vieux monuments deviennent de véritables carrières. A côté de la vieille maison, une étable à estantad tombe aussi en ruines.
    Mr Capdeville se souvient très bien d'avoir connu ces lieux habités alors que, jeune meunier, il livrait sa farine. Maintenant, tout est désert et silencieux. L'on reconnait par-ci par-là de vieilles levées de terre qui entouraient les champs; sous les herbes folles, la molle ondulation des labours transparaît encore, mais, tout est désert et silencieux. Qui pourrait se douter maintenant que ce lieu fut une hostellerie très fréquentée sur le chemin de St Jacques (voir notes de Mme Falcou sur Bessan, - dossier du Musée Documentation Folklorique).
    Nous revenons pendant un certain temps par ce même chemin de St- Jacques, piste de sable qui parmi les pins ressemble aux autres pistes ou plus exactement aux chemins de sable.
    Retour au moulin et camping.

  • Les Landes de Bordeaux et Le résinier des Landes sont le fruit d'un séjour de Paul Kauffmann dans les Landes.
    Le résinier des Landes est un ensemble de vingt-deux planches à l'encre de chine et lavis, reproduits avec une méticuleuse précision. Ces dessins révèlent un sens de l'observation proche de la démarche ethnographique et nous montrent ce qu'étaient les activités de la vie quotidienne des travailleurs de la forêt landaise.
    Témoignage unique et précieux, cet ensemble de dessins à l'encre de chine, aujourd'hui propriété de l'Écomusée de la Grande Landes à Marquèze, nous montrent ce que furent les landes du dix-neuvième siècle, à travers la vie des plus humbles de ses habitants. Et c'est en véritable artiste, à la maîtrise technique parfaite et avec une profonde et sensible humanité que Paul Kauffmann les faits revivre sous nos yeux.
    Cette première partie est complétée par les deux livraisons que Kauffmann donna à la revue Le Tour du Monde présentant les Landes de Bordeaux, près du Bassin d'Arcachon. Abondamment illustrés de dessins, ces deux reportages sont ici reproduits en fac-simile.

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