Croquant

  • Brexit au Royaume-Uni, élection de Donald Trump aux États-Unis, montée de l´extrême droite en Europe continentale : ces événements récents sont fréquemment présentés comme les conséquences politiques du décrochage des territoires urbains d´ancienne industrie et de ceux, plus ruraux, restés à l´écart des flux de l´économie globale. Les inégalités créées par un développement à deux vitesses avec, d´un côté, des logiques métropolitaines connectées à la globalisation et, de l´autre, une accentuation et une accélération du déclin territorial, s´imposent ainsi actuellement dans le débat public. En prenant appui sur des analyses portant sur des villes françaises, mais également américaines et marocaines, cet ouvrage propose une analyse fine des dynamiques des territoires décroissants, c´est-à-dire ceux qui connaissent un déclin démographique accompagné d´une dévitalisation économique et, bien souvent, d´une paupérisation de leur population. Le livre cherche à éclairer ces processus.

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  • Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (opération Torch), qui réussit grâce à la neutralisation des forces de Vichy par l'action de la Résistance française en Afrique du Nord, représente un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, avec la bataille de Guadalcanal dans le Pacifique et celle de Stalingrad. Près de quatre-vingts ans après, il paraît important de revenir sur cet événement qui reste peu étudié en France.

    Le but de cet ouvrages est d'éclairer le déroulement des événements autour du débarquement allié du 8 novembre 1942, afin de mieux en comprendre les développements historiques et politiques ainsi que les représentations socio-culturelles et artistiques du moment.

    C'est ainsi que des chercheurs français, anglais, américains et algériens se sont retrouvés aux Invalides à Paris autour de cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale.

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  • L'actuelle politique du Sport-Santé réalise une fusion inattendue entre le sport, jusque-là tourné vers les performances de jeunes talents, et la santé du citoyen ordinaire. Un sport longtemps associé au dopage et au surentraînement peu favorable à la santé, un secteur de la santé publique qui n'accordait plus guère d'attention à l'exercice physique depuis les années 1960 et les succès de la thérapeutique.
    Toutefois, dans le passé, la santé publique a déjà fait appel à une forme d'activité physique, médicalement définie et contrôlée. Avant d'analyser les conditions de possibilité de la campagne du Sport-Santé - compréhension des effets de l'activité physique sur la santé, organisation de la campagne d'information sur les dangers de sédentarité, mobilisation d'agents compétents pour faire faire de l'activité physique, montage de la politique publique - nous étudions trois épisodes plus anciens de mobilisation en faveur d'exercices physiques visant à contrer les effets délétères de l'inactivité.
    Comment les discours critiques de la vie quotidienne se médicalisent, comment la santé publique se saisit de l'argument, monte une campagne d'information, puis des interventions, comment sont désignés les intervenants légitimes pour faire bouger une population, enfin que fait et que pense la population qui est incitée à s'exercer (faire du sport).

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  • Longtemps c'était la vie sous un couvercle de plomb. Mais sous le lourd manteau des routines, la colère courait en vagues souterraines. On n'entendait à peine ses brisures sur les falaises sans fin du monde de l'officialité. Tout juste ce frisson parfois à la surface des choses. Et de temps à autres les médias domestiques évoquaient la «grogne« des animaux sociaux. Qu'ils étaient nuls et impuissants à rendre leur cause aussi fraîche et pimpante qu'une giclée de peur des musulmans, des impôts qui font fuir, ou des arnaques à la sécurité sociale. Ces salauds de pauvres, enfin appelés par leur nom de gens de «rien« selon le Président en personne, pouvaient bien mourir plus nombreux dans la rue que les ouvriers à leur poste de travail. Fallait-il pour autant engager la compétition des souffrances avec les gosses qui naissent sans bras ou les guyanais qui boivent du mercure dans la rivière ? Tous ont donc préféré de longue main la méditation sur la course au trois pour cent maximum de déficit public comme bon sandwich pour nourrir l'appétit des zombies qui les écoutent d'habitude.
    Soudain la terre a tremblé. Une terrible déchirure a partagé le sol ferme. Une lave brûlante a jailli.
    Voici pendant dix neuf semaines sans pause «Jojo le gilet jaune« à égalité avec les ministres et les députés. Et même avec les journalistes ! «Vous n'êtes pas un vrai gilet jaune« glapit une star des people-tronc de la télé. Celui-là trouvait son interlocuteur trop intelligent pour être du peuple. «Vous n'êtes pas un vrai journaliste« réplique sans hésiter le supposé pithécanthrope.
    Ah belles gens que vous avez peur ! Elle vous affole «la foule haineuse« dénoncée par le président-enfant-roi pour ses voeux de robot en quasi panne de batterie. Grossiers personnages que le volcan a craché dans vos jardins à la française. Quoi ! Repeinte par vos soins en antisémite, homophobe, violente et pillarde, «la grogne« se moqua comme d'une guigne de vos rayons paralysants traditionnels. Rien n'y fit. Rien n'y fait.
    Ces hordes continuent à défiler dans vos quartiers. Parfois un de vos restaurants prend feu dans les tirs croisés de grenades et de fumigènes. Abomination ! «Qu'est devenue la France ?« pleurez-vous dans vos mouchoirs en soie, en vous tordant les mains de désespoir! Chaque jour où les rustres tiennent la rue vous humilie. Comme celui où l'ONU classa notre pays entre Haïti et le Venezuela pour ce qui est du respect des opposants. «Nooooon, pas le Venezuela !« Vous hurlez de douleur ! Vous avez tant insulté le Venezuela. Vous y voici assimilés ! Quelle délicieuse humiliation vous est infligée. Comme un de ces coups de fouets sur les opposants que donnent vos amis d'Arabie saoudite. Quelle énorme farce quand ce journaliste dénonce sur un plateau de télé mes manigances avec l'ONU et le Venezuela pour obtenir de Michèle Bachelet la condamnation de la France pour ses méthodes de répression sauvage. L'info de ce déshonneur cingle comme de l'eau froide sur des pierres chaudes. Hurlements des premiers rangs ! BHL propose l'invasion de l'ONU. Ou d'un autre pays arabe, à titre de compensation. Pourtant, rien n'y fait ! Tout le monde s'en fout ! L'autorité de tout le clergé macroniste est égale à zéro ! Les importants se montent le bourrichon entre eux, sans aucune conséquence sur la troupe. La masse. Le grand nombre des «gens qui ne sont rien«. Tout le monde s'en fout, seigneurs et gentes dames de la haute. De vous, de vos leçons de morale, de vos indignations à géométrie variable. Vos éborgneurs, mutilateurs et juges à la chaîne meurtrissent dans le tas chaque semaine. En vain. Castaner et Belloubet sont devenus les bottes ferrées haïes des deux mille blessés, vingt-deux éborgnés, cinq amputés et les familles des douze morts de ces événements. Mais ils ne réussissent même pas à imposer la peur. Grand débat gros bla bla rien n'y fait ! Macron, parle à mon gilet jaune, mes oreilles sont bouchées.
    Ecoute, à certaines heures le samedi, ce bruit terrible qui vient du cratère ! La terre s'est ouverte. Des lèvres de sa fracture montent des mots en grappe, comme des fumées venues de l'enfer des pauvres. C'est le rugissement du peuple ! Les mots volent à tire d'ailes de tous côtés. Leur vibration froisse l'air glacé du royaume de l'égoïsme. Semaine après semaine tout un discours, long et charpenté s'est déployé en suivant ces chemins improbables. Le voici formulé sur le dos des gilets jaunes, sur les affiches improvisées, sur les murs nus, au sol et dans les chansons. Je crois que c'est une première absolue. Ce livre y fait écho.
    Quand et où, avant cela, a-t-on dit autant de choses ? Et de cette manière. Tout est nouveau dans cette insurrection. C'est d'abord cet acteur de l'histoire qu'aucune définition n'avait prévu. Ni prolétaire des usines, ni syndicaliste connu, ni camp politique bien découpé. Juste «le peuple«, celui qui a besoin pour survivre de ces réseaux collectifs que l'on retire de sous ses pas dans ces zones vidées de services, vidées de voisinage. Voici le visage blême des abandonnés à l'amertume d'un quotidien sans horizon ni humanité. Ces exilés de l'intérieur, en pleine ville ou au milieu des «zones pavillonnaires«, sur le palier de cet immeuble ou sous le porche de cet autre. Une France qui a faim. Qui ne se soigne pas. Qui ne sort jamais pour rien d'autre que le boulot rare et précaire ou les trajets millimétrés par la pompe à essence. Soyez maudits grands de la terre ! Un samedi après l'autre sans limite, sans calendrier, les canuts sont de retour. «Notre règne arrivera quand votre règne finira«. Un point c'est tout et d'ici là on ne lâche rien. Monstrueuse indifférence au temps. Le mouvement est son propre principal message. Alors, l'insurrection citoyenne est un moment de poésie politique. C'est-à-dire un surgissement, une création. Les strophes sont dans les cris, les slogans et les messages en papier en peintures, en graph, en chansons impertinentes («Benalla, Benalla, et même si vous ne voulez pas y a Benalla«) ou crânement grossières («Emmanuel Macron, oh tête de con...«). Tous brisent les murs, les interdits, les convenances, les résignations. Et ce chemin se fait en cheminant.
    Jean-Luc Mélenchon

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  • Zilsel n 8

    Collectif

    • Croquant
    • 23 Février 2021

    Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d'inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu'il s'agisse de l'essor de la psychologie évolutionniste ou de l'emprise de l'évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l'extérieur du champ scientifique. L'éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l'importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier « Frictions » est consacré au problème du « narcissisme ». Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories « psy », les « jugements de personnalité » et les rapports de genre. Un entretien avec l'historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France.

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  • Cet ouvrage collectif s'inscrit dans l'effort mené au sein de la communauté universitaire et du mouvement syndical pour rendre compte du déclin du syndicalisme en Europe occidentale comme en Amérique du nord depuis les années 1970. Plus spécifiquement, il s'agit de comprendre le rôle joué par les idées antisyndicales dans cette évolution, depuis la construction de répertoires d'arguments, lesquels sont ensuite articulés, mobilisés et diffusés sous la forme de discours, jusqu'à leur traduction pratique sous la forme de dispositifs. Afin de mieux saisir les différents aspects de l'offensive antisyndicale, il est important, d'une part, d'examiner le programme antisyndical qui se déploie dans le cadre de l'imposition des politiques néolibérales mises en oeuvre à partir des années 1980 et, d'autre part, d'ancrer cette étude dans l'histoire de l'hostilité des classes dirigeantes à l'égard de l'organisation collective des travailleurs depuis l'émergence des syndicats.
    À cet effet, l'ouvrage croise les perspectives sur les idées antisyndicales et leur développement historique en s'appuyant sur les exemples de trois pays. La France, la Grande-Bretagne et les États-Unis sont caractérisés par des différences profondes aussi bien en ce qui concerne leurs structures économiques, l'histoire de leurs mouvements ouvriers respectifs ou encore leurs institutions de régulation des relations professionnelles. Des trois pays, la France est par exemple le seul où il existe un droit de grève inscrit dans la constitution, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Cependant, et tout en soulignant les singularités des discours et dispositifs antisyndicaux qui se déploient dans des contextes nationaux hétérogènes, cet appui sur trois terrains fait également apparaître des convergences qui révèlent les grandes lignes d'un programme antisyndical néolibéral transnational.
    Afin de restituer leur profondeur historique aux discours et aux dispositifs antisyndicaux, cet ouvrage est divisé en trois sections chronologiques. Une telle attention portée à l'histoire des idées antisyndicales permet de penser la révolution néolibérale des années 1980 moins comme une rupture inattendue que comme le produit d'un long travail de construction discursive et de mobilisation des classes dirigeantes.

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  • Certains métiers inspirent plus confiance que d'autres et se caractérisent par les qualités perçues par le public. Quand on parle des infirmières dans le paysage sanitaire français, chacun reconnaît très facilement l'opinion voire la considé- ration dont elles font l'objet.
    La perception que les autres ont d'une catégorie socioprofessionnelle est importante car elle conditionne sa crédibilité.
    Cette distinction peut être considérée comme une identité attribuée. Celle-ci est fondamentale, elle alimente l'estime de soi, car l'individu est sensible à la perception de l'autre, mais impacte surtout la hiérarchisation de la profession au sein de la société Pour l'heure, après les pompiers, ce sont les professions de santé qui sont les plus plébiscités. D'après une enquête réa- lisée par le cabinet d'études allemand GFK Verein (2014) dans 25 pays sur les cinq continents « C'est en France que les pompiers sont les plus populaires avec 99% de confiance, devant les infirmières et les urgentistes (95% pour les deux), les pharmaciens (93%) et les pilotes de ligne (90%) ».
    Si cette identité attribuée est importante, elle n'est pas pour autant suffisante pour rendre compte d'une réalité profes- sionnelle. Il est tout aussi nécessaire de se demander, quelle est la perception que le professionnel a de lui-même ? Quels sont les attributs identitaires qu'il accepte ? Ceux qu'il refuse ? Quelles sont les caractéristiques qu'il voudrait que les autres lui reconnaissent ? Quelle est en quelque sorte l'identité professionnelle qu'il revendique ?
    Chacun doit savoir qui il est personnellement, et professionnellement le cas échéant, car la part de cette identité reven- diquée conditionnera son engagement.
    Le présent ouvrage se propose de positionner l'identité moderne des infirmières de part et d'autre de l'événement inter- venu en 2009 au sein de la profession : le processus d'universitarisation avec la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat).
    Dans un contexte pluridisciplinaire avec une augmentation des responsabilités, les auteures questionnent le position- nement dans l'équipe et la reconnaissance du statut, ainsi que leur influence sur l'identité infirmière ? C'est à partir de l'analyse du discours des infirmiers diplômés avant et après la réforme de 2009 qu'elles tirent leurs résultats et posent les repères actualisés jalonnant un processus identitaire.
    Ce livre concerne tous ceux qui s'intéressent en général à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques.

  • En 2017, la cohésion de l'Union européenne s'est trouvée plus menacée que jamais. Des partis anti- européens de droite populiste participent à des coalitions gouvernementales ou ne sont pas loin d'accéder au pouvoir. Le processus du Brexit est en cours et la cohésion de certains États est mise en danger par des mouvements de sécession.
    Transform! 2018 passe en revue le projet européen depuis la guerre froide jusqu'à l'instauration de la gouvernance économique de Maastricht en passant par la fin de la compétition entre les systèmes Est-Ouest.
    Des auteurs de toute l'Europe analysent la tendance du système à produire des divergences. Ils abordent des stratégies pour réformer le système ou en finir avec lui. Ils s'intéressent aussi aux possibilités pour un pays de sortir de l'UE, avec ses difficultés et ses contradictions. Ils étudient les électorats de la droite populiste en France et en Autriche.
    Transform! 2018 est le quatrième d'une série annuelle consacrée à l'étude et à l'analyse des évolutions politiques et sociales européennes.
    Transform! europe est un réseau de 32 organisations de 21 pays européens, actives dans les domaines de l'éducation politique et de l'analyse sociale critique.

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  • Cet ouvrage collectif est consacré aux « arts du spectacle » dans la société française contemporaine : il s'intéresse à la danse contemporaine, au théâtre et au cinéma, d'une part, aux musiciens, d'autre part (de l'orchestre symphonique au rap en passant par le rock punk). Chaque enquête est sous-tendue par la même question : celle des conditions et des modalités d'accès à « la vie d'artiste », des procédures de sélection et des formes de consécration artistiques, ou encore, dans le cadre de « la théorie des champs » de Pierre Bourdieu, celle du « droit d'entrée ». Ainsi cet ensemble d'enquêtes met-il en évidence quelques-unes des propriétés requises pour accéder à telle ou telle « scène » des arts du spectacle : non seulement les savoir-faire, mais aussi les modalités de leur acquisition (apprentissage « sur le tas » / scolarisation des arts), la valeur accordée à « l'authenticité » (chez les rappeurs) et la possible conversion des stigmates en emblèmes (chez les punks), le nécessaire entretien de « la croyance » (dans l'intérêt du jeu et dans sa capacité à le jouer), l'importance des « relations » (le « capital social »), mais aussi les discriminations de genre, etc.

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  • La définition de la situation actuelle - faite de fortes tensions sociales, lois d'exception dans un contexte de danger terroriste et sanitaire, usage d'une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens avec pour bilan un nombre effroyable de blessés, mutilés et de décès, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants - mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d'une incertitude généralisée et d'une transformation de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? Les labels se multiplient pour qualifier des régimes hier rangés sans hésitation de « dictature » et pour brouiller des frontières : qu'est-ce qu'une démocratie sans libertés publiques ou sans un espace public où sont débattues les questions du « bien vivre ensemble » ?

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  • Ce numéro de la revue Illusio dont la thématique est « Mafias et comportements mafieux » se donne pour objectif de comprendre quelles sont les relations entre ce que l'on nomme généralement le crime organisé et le système capitaliste.
    De ce fait, il nous semble essentiel, afin d'apporter un éclairage original, de mettre en perspective les pratiques mafieuses les plus traditionnelles avec les pratiques nouvelles et contemporaines liées aux fonctionnements politiques dans le monde capitaliste. En effet, le crime organisé se développe et traverse toutes les formes d'institutions. Il recherche la maximisation du profit et se dote pour cela d'une hiérarchie militaire doublée d'une dimension « identitaire ». Ces modes d'organisation s'organisent autour de violences multiples et variées, de silences, de dons, contre-dons et dettes, d'échanges croisés en dehors de toute légalité.
    Aussi, ce travail ne se limite pas à l'étude des différentes criminalités trans- ou supranationales mais s'organise autour de comportements et de pratiques qui participent de la quotidienneté politique et économique ou de la société du spectacle sportif par exemple. Cette criminalité qui institue des dominations diverses et variées possède pour centre névralgique et lieu de désir le capital. C'est pour cela que le développement mafieux est contemporain du développement capitaliste.

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  • L'objectif de l'entreprise est-il prioritairement d'enrichir les actionnaires de contrôle et les propriétaires, ou bien de produire des biens et des services correspondant aux besoins sociaux des citoyens ? Dans le premier cas, les solutions semblent aller de soi : baisse permanente des coûts et de la masse salariale, licenciements boursiers, délocalisations abusives, pollutions et atteintes à l'environnement.
    Avec les règles économiques du jeu actuel qui donnent la priorité à l'actionnaire de contrôle et au propriétaire, la logique devient rapidement financière et le travail n'est pas valorisé car réduit lui aussi à un simple coût. Dans le second cas au contraire, l'entreprise s'inscrit dans une dynamique de développement où les savoirs, savoir-faire et compétences prennent tout leur sens et deviennent véritablement sources de valeur.
    Ainsi la confusion entre les deux entités distinctes que sont " l'entreprise " (structure productive) et la " société " (entité juridique) conduit à des conséquences désastreuses sur la représentation et la gestion du travail. Le fait d'en prendre acte ouvre la perspective d'une nouvelle logique économique beaucoup plus favorable au travail et à l'emploi. L'ouvrage montre comment la finance domine aujourd'hui l'entreprise et identifie les différents acteurs en présence.
    Mais il propose également de mettre en place de nouveaux outils de gestion pour desserrer les contraintes économiques et financières qui pèsent sur la structure productive. Il plaide enfin pour que le " politique " prenne rapidement des mesures juridiques et institutionnelles afin de rééquilibrer les pouvoirs au profit des salariés, des syndicats, voire des partenaires extérieurs à l'entreprise.

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  • Le sens et de la valeur des oeuvres philosophiques, comme de tous les autres biens culturels, dépend, pour partie, des conditions de leur réception et de leur circulation parmi une multitude de lecteurs et d'interprètes. Ce commerce des oeuvres philosophiques donne lieu à des affrontements pour la définition de la pensée «authentique» d'un auteur et, plus encore, pour le monopole de la lecture légitime. Les importations et exportations de textes et d'auteurs entre pays mais aussi entre disciplines constituent des situations quasi expérimentales pour l'observation de ces luttes symboliques.
    Les contributions réunies dans ce volume étudient des cas particulièrement éclairants de ce commerce national et international des idées philosophiques. Comment des figures majeures comme Kant, Nietzsche, Wittgenstein ont-elles pu migrer, revivre ou renaître ? Comment l'importation a-t-elle pu servir, dans certains cas, des visées politiques ? Pourquoi certains importateurs font-ils un retour à Simmel et Tarde ? En quoi consiste l'importation de produits postmodernes de prestige dans un pays et une discipline dominés ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage où l'érudition n'a pas d'autre fin que de contribuer, grâce à l'angle choisi, à une sociologie des oeuvres philosophiques et, par là, à celle des biens culturels.

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  • Marx et ses héritiers avaient fixé les traits distinctifs d'une approche « classiste » de la société : effort pour appréhender la société de manière globale, rôle primordial accordé aux critères économiques, conception hiérarchique, relationnelle et antagonique des classes.
    Assimilée et retravaillée, cette approche a nourri la sociologie, en dehors même de la tradition marxiste, et fortement imprégné les discours sur le monde social jusque dans les années 1970. Si, pour de multiples raisons, le concept de classe sociale a ensuite perdu sa centralité, les approches en termes de classes semblent aujourd'hui retrouver droit de cité.
    C'est à ce « retour des classes sociales » dans le discours sociologique que ce numéro aimerait contribuer en proposant un ensemble de contributions mobilisant ou discutant l'outil « classe » et l'approche « classiste ».
    Ce premier volet du dossier présente quelques éléments de cartographie macro-sociale - à l'échelle de la France, de l'Europe et du monde - en s'efforçant de saisir à chaque fois les dynamiques de cohésion et de fragmentation qui travaillent les classes.

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  • La Grande-Bretagne s'impose aujourd'hui comme l'un des mo­dèles de la gouvernance pour l'enseignement supérieur fran­çais, autant du point de vue de la gestion des flux étudiants que des modes de production, de financement et de diffusion de la recherche. Ce point de vue français, lié à l'attrait que les élites politico-administratives éprouvent pour les systèmes fondés sur le New Public Management, ainsi qu'au poids de la langue anglaise dans la globalisation académique, masque pourtant la diversité des pratiques des universitaires et des effets des réformes dans les institutions. Il s'agit d'éclaircir les effets de la transformation des modes de gouvernance sur le fonctionnement des universités et de la recherche. Comment « fait-on de la science » dans les universités britan­niques aujourd'hui, a fortiori dans un contexte néolibéral ? Que signifie « faire des sciences sociales » en Grande-Bretagne ? Quelle est la place des sciences sociales dans l'espace public britannique ?

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  • Si j'ai voulu réunir les quatre récits qui suivent, c'est parce qu'ils donnent à voir, à entendre et comprendre des espaces et mondes de l'ailleurs, au coeur même de Paris et de sa région, découvertes et réflexions dans le même élan d'une écriture personnelle, chercheuse, fouineuse même, et empathique, qui décrivent les interstices de la très grande ville, ses espaces cachés, où certaines manières de survivre prennent place et prennent corps dans des temporalités suspendues.
    Ce sont quatre carnets d'enquête sur une réalité souvent inconnue, stigmatisée, mais bien présente à Paris et ses alentours, bientôt " Grand Paris ". Mêlant la rencontre des lieux et des personnes, retranscrivant les dialogues et les impressions des auteures, ces récits bâtissent petit à petit une compréhension de ce que sont aujourd'hui les refuges dont Paris est le lieu, le square Villemin du Xe arrondissement où s'exilent les Afghans, les trottoirs et les rues des villes de la région parisienne où s'installent les personnes sans abri, des cabanes construites entre les bretelles d'autoroute et le boulevard périphérique, des squats africains.
    C'est dans ses interstices qu'aujourd'hui la grande ville est un refuge pour les étrangers globaux. Et c'est aussi par la reconnaissance de cette fonction de ville-refuge que Paris deviendra ville-monde.

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  • L'édition de cette année paraît dans un contexte où les incertitudes sont grandes. En France, la menace Marine Le Pen, la victoire de Fillon aux primaires de la droite, celle de Trump aux États-Unis, le Brexit en Grande-Bretagne, la progression importante de l'extrême-droite dans une grande partie de l'Europe, de la Hongrie à Allemagne en pas- sant par l'Autriche, la Pologne, le Danemark ou la Suède... sont sources d'inquiétudes et mettent la gauche face à de grandes responsabilités.
    Dans une récente tribune du journal Le Monde, Bernard Spitz, responsable du pôle international et Europe du Medef, s'inquiète et alerte sur « les peurs et la colère que suscitent partout les inégalités face aux progrès techniques et à la mondialisation. Le libre-échange est désormais perçu comme facteur de régression... La perception dominante est celle d'un peuple de perdants face une petite tribu de super-gagnants. » Il appelle à sauver le système face aux consé- quences imprévisibles de la colère des peuples.
    Cette inquiétude est d'abord une inquiétude par rapport à la pérennité du système actuel que le Medef est évidem- ment le tout premier à vouloir défendre en en ignorant les graves conséquences pour les populations. Du point de vue du patronat et des partisans du libéralisme, elle fait écho au fait que, dans de nombreux pays d'Europe, des signes plus ou moins forts laissent apparaître une forte envie de changement progressiste.
    En 2016, ce sont, en France, le succès des films Merci Patron et La Sociale, le large rassemblement opéré par Nuit De- bout dans le prolongement de la vaste mobilisation contre la loi El Khomri. Ce sont aussi la lutte contre la réforme du code du travail en Belgique, l'élection confirmée de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste en Grande-Bretagne, le succès rencontré par Bernie Sanders aux États-Unis, notamment parmi les jeunes...
    Les auteurs ont essayé dans ces pages de nourrir la réflexion sur les réalités de la situation, les obstacles au change- ment mais aussi les perspectives qui peuvent émerger de ce paysage trouble si la gauche répond aux défis qui lui sont posés.

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  • Pour l'écologie sociale

    Collectif

    • Croquant
    • 7 Décembre 2017

    Les récentes élections ont montré que s'il y avait des gauches irréconciliables, il en était de même des écologies. Entre l'écologie libérale, qui mise tout sur une économie de marché, et l'écologie de transformation, l'espace représenté historiquement par les Verts s'est réduit comme une peau de chagrin. Le capitalisme de redistribution des Trente Glorieuses a vécu. S'est substitué à lui un capitalisme de la destruction, Aujourd'hui le productivisme expulse les paysans de leur terre, les habitants de leurs maisons, les salariés de leur travail.
    Il n'y a plus de " grain à moudre " comme on le disait jadis car le profit immédiat est le seul moteur de cette économie barbare. Dés lors, les écolos libéraux et les écolos sociaux ne peuvent plus coexister dans un seul parti. Le mythe de l'écologie politique unie au dessus des clivages sociaux a cessé d'exister. Les partisans d'une écologie populaire de transformation se regroupent pour proposer une offre politique originale.
    Emiettés dans la France Insoumise, EELV, Ensemble, décroissants ou associatifs, zadistes ou écoféministes, les militant(e)s d'une écologie de rupture ne pèsent pas en effet comme force politique. Si dans les ZAD comme à Nuit Debout, dans les luttes sociales écologistes ou le mouvement citoyenniste, leurs thèses s'imposent de manière naturelle, il n'en est pas de même dans le débat politique national.
    La Coopérative Politique Ecologie Sociale veut remédier à cela. Elle plaide pour une écologie de libération, qui lutte contre toutes les dominations et veut réconcilier la société et la nature. Elle veut créer un espace de dialogue, d'initiatives et d'éducation populaire pour construire une écologie par en bas, une écologie anticapitaliste, sociale et libertaire. C'est ce que les textes rassemblés dans ce livre proposent au lecteur : une méthode, une stratégie et un projet pour refonder l'écologie politique.

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  • Euromemo 2018

    Collectif

    Près de dix ans après le début de la crise, les Etats-membres cherchent toujours la voie pour en sortir. L'UE s'est prononcée pour l'austérité et la dérégulation. Le groupe de l'EuroMémo met vainement en garde contre les dangers de cette approche depuis des années. Parmi les conséquences de l'obstination des institutions de l'UE, il y a partout à travers l'Europe la montée de l'extrême droite, qui nourrit le sentiment populaire anti-européen.
    L'idée de sortir de l'UE a gagné du terrain. Elle est devenue réalité pour le Royaume-Uni. Cela constitue un tournant dans l'histoire de l'UE et met à mal le projet officiel d'une "Union toujours plus étroite". L'UE peut-elle être encore sauvée ? C'est en fait une question difficile. La Commission européenne a développé cinq scénarios possibles. Mais ceux-ci ignorent les tensions inhérentes à l'Europe, par exemple l'insécurité croissante sur les marchés du travail, le rôle de la finance dans l'ère post-crise et l'émergence d'une classe subalterne partout en Europe.

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  • Comme stupéfiants, les drogues représentent un chiffre d'affaire mondial de 243 milliards d'euros, S'il s'agissait du PIB d'un pays, il le placerait au 21ème rang économique mondial, juste derrière la Suède.
    L'objet est d'interroger la manière dont les drogues travaillent l'ordre social et comment celui-ci façonne en retour leurs productions, leurs circulations et leurs usages. Au-delà de considérations pathologisantes, il cherche à analyser la construction des catégories d'entendement du phénomène stupéfiant, dans ses représentations sociales et ses croyances. Il s'agit d'interroger la façon dont les drogues produisent des ordonnancements du monde, dans ses versants économiques bien sûr, mais aussi dans ses versants sociaux. Les approches tant historiques, sociologiques, juridiques qu'économiques et sanitaires seront mises à contribution, en embrassant un champ géographique vaste allant de l'Asie aux Amériques en passant par l'Europe.

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  • À qui appartient l'information ? A nous, répondent les magnats qui accaparent journaux, stations radios et chaînes de télévision. Pour eux, un média ne doit pas coûter cher, mais il doit - audience, influence, recettes - rapporter gros. Et tant pis si cette logique aveugle condamne une armée de journalistes, qualifiés et capables, à des tâches imbéciles, dégrade l'information et anémie le débat public. Tant pis, si le système médiatique fait le vide dans les cerveaux. L'essentiel est qu'il remplisse quelques poches et cadenasse l'ordre social.

    À qui appartient l'information ? À tous, répondaient - déjà - les hommes et femmes des Lumières, qui savaient qu'on ne pense bien qu'« en communauté avec d'autres », et qu'une République sociale requiert une informa- tion de qualité.  À tous, répondaient - déjà - les Résistants et le CNR, qui avaient compris que la presse ne doit dépendre que de « la seule conscience des journalistes et des lecteurs ». L'information appartient à tous, c'est-à- dire à l'ensemble des citoyens qui en ont besoin pour comprendre, analyser et juger en conscience. Elle ne peut être abandonnée aux caprices du marché et aux intérêts des hommes d'affaires. Elle ne doit pas non plus être monopolisée par l'État. Elle est un bien commun.

    Entre l'info-marchandise, et l'information comme bien commun, il faut choisir. La bataille politique pour des médias indépendants, pluralistes et exigeants reste à mener. Associations, syndicats, intellectuels critiques : ils sont quelques-uns à ouvrir la voie. Puisse ce premier dossier de L'Intérêt général, la nouvelle revue du Parti de Gauche, contribuer à ce combat.

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  • Avec la crise de la Covid-19, une grande partie des travailleurs indépendants dépendant du marché des biens et services se sont retrouvés sans ressources avec l'arrêt de leur activité. Les droits salariaux assis sur le poste de travail ont pu, pour leur part, jouer leur rôle pour protéger les travailleurs. Mais ils ont aussi montré leurs limites. Durant le confinement, le maintien du lien à l'emploi grâce aux mesures de "chômage partiel" a permis de maintenir les salaires à hauteur de 84 % du salaire net et les droits liés à l'emploi. Les chômeurs ayant acquis des droits dans l'emploi ont vu leurs droits à l'assurance chômage prolongés, dans des conditions d'accès cependant de plus en plus excluantes. En revanche, la sécurité des revenus dans le cadre de l'emploi a été assez peu efficace pour les salariés en emplois précaires. Les intérimaires n'ont pu bénéficier du chômage partiel et ont vu s'effondrer le nombre de leurs missions.

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  • La psychiatrie publique occupe, depuis 2019, le haut des agendas politique et médiatique. Les professionnels dénoncent leur fatigue de la gestion de la pénurie, l'emprise croissante des neurosciences ou, très récemment, l'insuffisance de lits pour faire face aux conséquences psychiatriques du confinement. Ce numéro croise les regards d'acteurs impliqués dans la critique publique de l'étranglement progressif de la psychiatrie publique et ceux de chercheurs en sciences sociales afin de dépasser la paresse intellectuelle qui n'envisage les phénomènes sociaux que dans le cadre étroit de l'actualité. Qu'est-ce qui est réellement inédit dans la situation actuelle et qu'est-ce qui relève de dynamiques de moyen terme ? Qu'est-ce qui ressortit aux transformations des rapports de force internes au champ médical des bouleversements plus larges des catégories dominantes de perception et d'action ? C'est à ces questions que ce dossier se propose de répondre.

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